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Haïm Korsia en lice pour un second mandat de grand rabbin de France

Le grand rabbin de France Haïm Korsia, lors de l’inauguration du Centre européen du judaïsme à Paris, le 29 octobre 2019.

Quelque 330 représentants des communautés juives consistoriales (émanation du courant dit « orthodoxe » du judaïsme, majoritaire en France) éliront, dimanche 6 juin, le grand rabbin de France pour un septennat, renouvelable une fois. Deux candidats tenteront de contester le titre au sortant, Haïm Korsia (57 ans). Il s’agit de Mikaël Journo (47 ans), rabbin de la synagogue parisienne Chasseloup-Laubat, aumônier général des hôpitaux de France et secrétaire général de l’Association des rabbins français, et Laurent Berros (53 ans), grand rabbin de Sarcelles (Val-d’Oise), déjà en lice il y a sept ans.

La configuration de cette élection est très différente de la précédente. En 2014, la communauté était encore sous le coup de la démission forcée, l’année précédente, du grand rabbin Gilles Bernheim, convaincu de plagiat et de s’être prévalu indûment du titre d’agrégé de philosophie. Six candidats s’étaient présentés. Alors aumônier général israélite des armées, Haïm Korsia avait été élu au second tour par 131 voix, contre Olivier Kaufmann, le directeur de l’école rabbinique (97 voix).

Le contexte est aujourd’hui tout autre pour l’attribution de cette fonction à la fois politique – le grand rabbin de France a un rôle essentiel dans les relations avec les pouvoirs publics, mais aussi pour porter une voix juive dans l’actualité et les débats de société – et religieuse – bien que les rabbins ne constituent que 10 % du corps électoral. Il est bien sûr marqué par la crise sanitaire, qui a tenu les fidèles éloignés des lieux de culte, d’abord complètement, puis partiellement. Phénomène que l’on constate aussi dans d’autres cultes, tous n’ont pas retrouvé le chemin des synagogues. La fréquentation des offices s’en ressent et, par ricochet, leurs finances.

Le bilan, un élément déterminant

Tous issus du séminaire israélite de France, les trois candidats s’inscrivent dans une même tradition du judaïsme. Ce n’est donc pas sur leur « ligne » religieuse que les grands électeurs se détermineront, mais plutôt sur le bilan qu’ils tirent du mandat d’Haïm Korsia, marqué par des événements intenses, puisqu’il a commencé au moment des manifestations propalestiniennes de l’été 2014, à l’occasion desquelles des slogans antisémites ont été scandés à Paris, pour se poursuivre avec la série d’attentats démarrée en 2015 et les assassinats de Sarah Halimi (2017) et de Mireille Knoll (2018). Qu’il ne soit pas reconduit constituerait une surprise, car, comme le résume un rabbin, « on n’évince pas un grand rabbin sortant sans de solides raisons ».

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