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Grigny 2 : l’Etat se résout à racheter 1 320 appartements de cette immense copropriété paupérisée

Appartements après un incendie dans un bâtiment de Grigny 2 (Essonne), en décembre 2018.

Après vingt ans de soins intensifs au chevet de l’énorme copropriété de 5 000 logements de Grigny 2 (Essonne), 1 320 appartements vont être rachetés par l’Etat pour être transformés en HLM (400) ou démolis (920). « Après vingt ans d’interventions de l’Etat, ces immeubles ont accumulé trop de dettes, jusqu’à 11,8 millions d’euros d’impayés, et sont en faillite, admet Alain Bucquet, préfet délégué pour l’égalité des chances de l’Essonne. Mais l’Etat ne se désengage pas, au contraire, nous poursuivons. »

La mairie constate une dégradation accélérée des immeubles, depuis 2010. « Lors de cette annonce, nous avons senti chez certains du soulagement, chez d’autres de la colère », explique Philippe Rio, maire de Grigny. Cet ensemble d’immeubles représente à lui seul 40 % de la ville.

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La nouvelle de ce rachat massif, sans aucune concertation, a été annoncée à plus de 150 copropriétaires occupants au cours de trente heures de réunions en petits groupes, par les autorités, le maire et ses équipes, le préfet à l’égalité des chances et la directrice adjointe de l’établissement public foncier d’Ile-de-France (Epfif). L’Epfif a déjà, au fil des départs, des préemptions, des saisies et des ventes aux enchères, acquis 401 logements et doit donc acheter, d’ici 2026, les 919 autres à l’amiable puis, si nécessaire, par expropriation. « Dans les faits, c’est une expropriation et je la trouve profondément injuste envers les imbéciles comme moi qui ont toujours payé leurs charges », juge Mme C. (qui tient à conserver l’anonymat), parmi les premiers copropriétaires, en 1970.

« Faire le deuil de notre patrimoine »

« Nous sommes sortis de la réunion sonnés par cette annonce », raconte Nicolas Pougès, 51 ans, copropriétaire, depuis 2005, dans un des immeubles promis à la démolition. M. Pougès avait, à l’époque, acquis ces 85 m2 pour 90 000 euros, et ne sait pas ce qu’il retirera de cette cession. Il a encore 56 000 euros de crédit à rembourser et 10 000 euros de retard de charges, très élevées dans ces bâtiments, d’en moyenne 350 euros par mois.

« On ne nous a annoncé aucun prix de rachat, poursuit M.  Pougès, ce qui est scandaleux. Avec ma femme, en préretraite, et mon petit salaire d’animateur périscolaire, nous savons qu’aucune banque ne nous fera de nouveau crédit pour nous reloger. » « Nous avons cinq ans pour trouver une solution sur mesure à chaque copropriétaire et nous leur ferons deux offres de relogement, à Grigny ou ailleurs, selon leur souhait, rassure M. Bucquet. C’est un dispositif exceptionnel. »

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