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Google prêt à payer les médias australiens pour l’utilisation de leurs contenus

Le siège de Google, à Mountain View (Californie), le 24 septembre 2019.

Une législation les obligeant à rémunérer les médias, y compris pour de simples liens sur leurs plates-formes, Google et Facebook n’en voulaient pas. Face au « code de conduite contraignant » élaboré par le gouvernement australien pour faire payer les mastodontes du numérique, ils ont tout tenté pour convaincre Canberra de renoncer : menaces, adresses aux internautes, mobilisation des plus hauts responsables… Mais, alors que ce projet de loi doit être adopté dans les prochains jours, Google a changé de tactique. Le groupe a lancé une série de négociations avec la plupart des grands éditeurs d’information australiens.

« Il espère ainsi démontrer que ce code n’est pas nécessaire pour conclure des accords. Il veut aussi éviter l’intervention d’un arbitre indépendant en cas de mésentente, comme le prévoit ce projet de loi », explique James Meese, professeur à l’Institut royal de technologie de Melbourne. Mercredi 17 février, selon la presse locale, la multinationale de Mountain View (Californie) se serait engagée, dans une lettre d’intention, à verser une somme de 30 millions de dollars australiens annuels (19,2 millions d’euros), pendant cinq ans, à Nine Entertainment Co.

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L’avant-veille, elle s’était également entendue avec Seven West Media. Les dirigeants de cette entreprise n’ont pas donné de chiffres précis, mais ils ont souligné que leur groupe recevrait « un paiement équitable et garantissant [leur] avenir numérique » grâce à la détermination des autorités australiennes à donner davantage de pouvoir de négociation aux médias. « Ce n’est rien de moins que l’avenir du paysage médiatique australien qui est en jeu », avait insisté, en juillet 2020, le secrétaire au Trésor, Josh Frydenberg.

Importance d’un journalisme pluraliste

Sur l’île-continent, 47 % des dépenses publicitaires en ligne vont à Google, 24 % à Facebook. Les autres acteurs du marché se partagent le reste. Insuffisant pour des organes de presse en crise qui, depuis 2014, ont été contraints de supprimer 20 % de leur masse salariale. Il est « impératif d’offrir une rémunération équitable à ceux qui produisent le contenu utilisé par les plates-formes », a notamment déclaré Nine Entertainment Co. devant la commission sénatoriale chargée d’examiner le code. Comme la plupart des médias auditionnés, le groupe a rappelé l’importance d’un journalisme pluraliste et de qualité, sa préoccupation face à la position de monopole acquise par les deux firmes américaines et, pour finir, la difficulté à mener des pourparlers avec des acteurs aussi puissants.

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