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Gérald Darmanin pour une départementalisation de l’organisation du culte musulman

Gérald Darmanin s’apprête à lancer « dans les prochains jours », selon son entourage, des assises de la départementalisation du culte musulman. Ce processus, que le ministre de l’intérieur voudrait voir engagé d’ici à l’été, visera à favoriser une structuration locale des représentants des mosquées pour en faire des interlocuteurs reconnus et stables des pouvoirs publics. Cette initiative interviendra après plusieurs épisodes qui, ces derniers jours, ont suggéré que la clarification du paysage cultuel musulman, souhaitée par les pouvoirs publics, a encore une bonne marge de progression. Tout comme les instruments pour y parvenir.

Gérald Darmanin est d’abord parti en guerre, mardi 23 mars, contre la subvention de 2,5 millions d’euros votée par la municipalité écologiste de Strasbourg à un gros projet de mosquée-centre communautaire piloté par la Confédération islamique Milli Gorus-France (CIMG-France). Le ministre accuse cette organisation d’origine turque d’être l’instrument d’une « ingérence étrangère », en l’occurrence de la Turquie. La préfète du Bas-Rhin, Josiane Chevalier, a qualifié ce mouvement de « fondamentaliste, proche des Frères musulmans ». Jeudi soir, la CIMG-France a affirmé, dans un communiqué, « adhérer parfaitement au respect de notre Constitution et des lois de notre République ».

L’échec du CFCM

Dans un tweet critiquant le vote de la subvention, le ministre de l’intérieur avait ajouté : « Vivement que la loi “séparatisme” soit bientôt votée et promulguée », faisant sans doute référence à la question des financements étrangers des lieux de cultes – le projet de mosquée strasbourgeoise étant à la recherche de financements. Le projet de loi confortant le respect des principes de la République sera discuté au Sénat à partir du 30 mars. Il oblige les associations cultuelles à déclarer les dons venus de l’étranger et permet à l’autorité administrative de s’y opposer lorsque les agissements de l’organisation étrangère en question ou ceux de l’association bénéficiaire « établissent l’existence d’une menace réelle, actuelle et suffisamment grave affectant un intérêt fondamental de la société ». Reste à savoir si la CIMG-France ou ses financeurs étrangers auraient pu être concernés par cette formule.

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Le gouvernement reproche aussi à la CIMG-France de n’avoir pas signé la charte des principes pour l’islam de France, conclue en janvier par les fédérations du Conseil français du culte musulman (CFCM), à la demande de l’exécutif. Or, cette charte, que les deux fédérations turques et celle représentant le courant tabligh ont refusé de signer, est au centre de la violente crise qui est en passe de désintégrer le CFCM, l’interlocuteur des pouvoirs publics pour le culte musulman. Quatre fédérations emmenées par Chems-Eddine Hafiz, recteur de la Grande Mosquée de Paris, ont quitté son bureau exécutif au motif qu’y siègent les deux fédérations turques, non signataires.

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