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Gérald Darmanin ordonne un audit sur « la situation du pays en matière de faits violents » en cinq jours

« Je vous remercie de m’adresser vos contributions dans un format de deux pages minimum ». L’injonction finale dans une missive de deux pages adressée le vendredi 4 juin, veille de week-end, par Gérald Darmanin aux préfets et aux hauts responsables des forces de l’ordre est aussi limpide que les termes mêmes du courrier

Dans cette lettre, dont Le Monde a eu connaissance, le ministre de l’intérieur somme le préfet de police de Paris et sa collègue des Bouches-du-Rhône, les représentants de l’Etat en régions, les directeurs généraux de la police, de la gendarmerie et de la sécurité intérieure de lui « faire parvenir pour le 9 juin [leur] analyse ». Soit cinq jours pour une double tâche qui prendrait des mois en temps normal – c’est-à-dire hors calendrier électoral – : dresser un « état des lieux des faits de violence sur les cinq premiers mois de l’année », assortir ce bilan chiffré d’une « appréciation circonstanciée du développement de ces faits » et de propositions de « solutions de traitement (…) dans une perspective résolument interministérielle ».

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Un infime délai qui surprend

Si la hiérarchie policière ne communique pas davantage que les responsables de la gendarmerie, le ton du courrier et la somme de travail à accomplir en si peu de temps pour satisfaire les exigences ministérielles ont suscité autant d’incompréhension que d’étonnement dans les rangs préfectoraux. « C’est la première fois de ma carrière que je prends connaissance d’une lettre de ce genre, avec des prescriptions aussi importantes pour un enjeu aussi crucial, à réaliser en aussi peu de temps », se lamentait, lundi, un haut fonctionnaire d’une préfecture de région.

L’infime délai accordé aux destinataires de cette lettre surprend d’autant que le constat réalisé, dans le même document, par le ministre de l’intérieur laisse deviner l’ampleur du chantier en matière de lutte contre l’insécurité et la délinquance. Si Gérald Darmanin s’y délivre un satisfecit pour l’ « action ferme et résolue » de son ministère dans ce domaine, en particulier en ce qui concerne le démantèlement de trafics de stupéfiants et l’expulsion « d’étrangers menaçant l’ordre public » (20 000 titres de séjour « refusés, retirés ou dégradés » depuis le 1er octobre 2020), il n’en fait pas moins le constat d’une situation alarmante, qui réclamerait davantage que l’équivalent d’une semaine ouvrée de deux jours pour faire l’objet d’une « appréciation circonstanciée ». Il observe d’ailleurs « le développement de faits extrêmement violents – vraisemblablement liés aux conséquences de la crise sanitaire dont notre pays est en train de sortir ».

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