Actualités

Frédérique Vidal lance une enquête sur l’islamo-gauchisme à l’université

Frédérique Vidal, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, à l’Elysée, le 20 janvier 2021.

Dimanche 14 février au soir, l’effet de surprise est total lorsque la ministre de l’enseignement supérieur, Frédérique Vidal, annonce sur CNews qu’elle demande « une enquête notamment au CNRS » sur « l’islamo-gauchisme » qui « gangrène » l’université. Cette enquête ciblera « l’ensemble des courants de recherche sur ces sujets, de manière à ce qu’on puisse distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion », précise Mme Vidal.

Lorsqu’enfle la polémique sur « les ravages » de « l’islamo-gauchisme » à l’université, fin octobre 2020, le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, est à la manœuvre. Frédérique Vidal, elle, se tient alors à l’écart. Tardivement, elle réplique par le biais d’une tribune dans L’Opinion que « l’université n’est pas un lieu d’encouragement ou d’expression du fanatisme » mais « au contraire, le lieu où s’apprennent le doute comme la modération ».

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Polémique après les propos de Jean-Michel Blanquer sur « l’islamo-gauchisme » à l’université

Comment expliquer un tel revirement trois mois plus tard ? « Le principe de l’université, c’est l’évaluation par les pairs, alors allons-y, a-t-elle encore lancé sur CNews. Il faut être extrêmement ferme, que l’université se réveille. » Et de poursuivre : « Ce qu’on peut observer, c’est qu’il y a des gens qui peuvent utiliser leurs titres et l’aura qu’ils ont. Ils sont minoritaires et certains le font pour porter des idées radicales ou militantes. En regardant toujours tout par le prisme de leur volonté de diviser, de fracturer, de désigner l’ennemi. » Sans citer d’exemple précis, la ministre a également assuré qu’« à chaque fois qu’un incident se produit, il est sanctionné ».

« Préciser les attentes de la ministre »

Interrogé, le ministère de l’enseignement supérieur précise que cette « étude scientifique » sera conduite par l’alliance Athena, qui regroupe les principaux acteurs de la recherche publique française. Une information qu’ignorait pourtant Jean-François Balaudé, président du Campus Condorcet, à la tête de cette alliance pour un mois encore – en attendant la passation de pouvoir avec Antoine Petit, président du CNRS. « En tant que président de l’alliance Athéna, je n’ai été saisi d’aucune demande, rapporte M. Balaudé. Ce n’est d’ailleurs pas sa vocation de mener des enquêtes à la façon d’une inspection générale. »

Laconique, le CNRS indique pour sa part être en train de « discuter avec le cabinet pour préciser les attentes de la ministre ». « Les objectifs seront définis dans les prochains jours. Il s’agira de définir ce qui existe comme courants d’études en France, sur différents thèmes », poursuit-on au ministère, sans plus de détails.

Il vous reste 59.1% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top