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Fermetures et surveillance de mosquées : de signaux faibles en indices concordants, comment l’Etat détermine ses cibles

La grande Mosquée de Pantin (Seine-Saint-Denis), le 21 octobre, avant qu’elle ne soit contrainte de fermer pendant six mois.

Le constat est partagé par les autorités et les acteurs de terrain : les prêches salafo-djihadistes du vendredi appelant ouvertement à la haine et à la perpétration d’attentats ont disparu. Aujourd’hui, la menace islamiste est plus insidieuse, plus discrète et d’autant plus difficile à repérer.

Le gouvernement, cependant, ne relâche pas la pression sur ces lieux de culte où se croisent les fidèles. Le 2 décembre, soit quelques jours avant l’examen en conseil des ministres du projet de loi « confortant les principes républicains » destiné à lutter contre l’islam radical, le ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, a annoncé sur Twitter une « action massive » contre le « séparatisme » visant 76 mosquées, dont seize en région parisienne et dix-huit faisant l’objet de contrôles immédiats pouvant aboutir à des fermetures rapides. Les autres sont soumises à une « surveillance accrue ».

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Quelques jours après, les préfets ont été conviés à se réunir (à distance) afin d’affiner cette liste, retirant certains noms, en ajoutant d’autres. Certains lieux ont pu faire l’objet de discussions au sein des cellules départementales de lutte contre l’islamisme et le repli communautaire, expérimentées à partir de 2018 et réunissant les services de police, les élus locaux, des représentants des services publics (éducation nationale, logement, transport, Caisse d’allocations familiales, Urssaf…). Sur les 2 600 lieux de culte musulmans en France, les services de l’Etat ciblent ceux soupçonnés d’abriter des « comportements similaires à des dérives sectaires, en rupture avec la République », dit-on au ministère de l’intérieur.

Logiques « dangereuses »

En coulisses, l’annonce de M. Darmanin a fait sauter au plafond nombre d’élus, de représentants d’associations et de hauts fonctionnaires qui dénoncent un « affichage politicien contre-productif » et plaident pour une communication plus « subtile » sur le sujet. « Certaines personnes sont dans des logiques authentiquement dangereuses pour la République, c’est indéniable, mais il ne paraît pas utile de donner l’impression aux Français qu’il y a un problème massif juste pour donner le sentiment qu’on prend des décisions fermes », tempête Ali Rabeh, maire Génération.s de Trappes (Yvelines), qui se dit « très lucide sur la réalité ». Il évoque une « pression communautaire » exercée par « quelques individus » et compare le phénomène « très minoritaire » à un « repli sectaire ».

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