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Féminicide de Mérignac : de multiples dysfonctionnements des services de l’Etat pointés par la mission d’inspection

La mort de Chahinez Boutaa, jeune femme de 31 ans tuée en pleine rue à Mérignac (Gironde) le 4 mai par son ex-conjoint, aurait-elle pu être évitée ? En retraçant la chronologie des faits, le rapport de la mission conjointe de l’inspection générale de l’administration et de l’inspection générale de la justice, remis mercredi 9 juin au premier ministre, pointe en tout cas des défaillances multiples des services de l’Etat qui ont conduit à son décès. Des « dysfonctionnements au niveau local à la fois dans le partage d’informations et la coordination des acteurs sur le terrain » sont relevés dans le document de 27 pages, établi à l’issue de vingt entretiens avec l’ensemble des acteurs impliqués.

Les inspecteurs reviennent en détail sur le parcours du meurtrier de Chahinez Boutaa, en sursis probatoire après avoir été condamné à de la prison, en juin 2020, pour des faits de violences conjugales en situation de récidive, jusqu’à la date fatidique du 4 mai. Alors même qu’il est incarcéré, il écrit et appelle à plusieurs reprises la jeune femme, bravant l’interdiction qu’il a d’entrer en contact avec elle. Chahinez Boutaa dépose plainte (avant de la retirer), sans que le juge d’application des peines en milieu fermé soit averti. C’est la première faille dans la circulation de l’information. D’autres suivront.

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A la suite de nouvelles menaces de mort et des violences après sa sortie de prison (dont Chahinez Boutaa n’avait pas été avertie), la jeune femme dépose une nouvelle plainte le 15 mars. « Un sérieux doute existe » sur le soin apporté au renseignement de la grille d’évaluation du danger à cette occasion et de la fiche d’évaluation des victimes. Transmises au parquet, elles sont partiellement « illisibles » selon ce dernier, qui le signale par mail, sans recevoir de réponse.

Par la suite, « les investigations des services de police après ce dépôt de plainte n’ont pas permis de retrouver » son ex-mari. Les enquêteurs prennent attache avec le service pénitentiaire d’insertion et de probation (SPIP) en charge de son suivi mais les versions divergent sur la mention de nouveaux faits de violences conjugales. Une nouvelle incompréhension qui se révélera lourde de conséquences : à deux reprises après cet appel, le meurtrier de Chahinez Boutaa s’est en effet rendu aux convocations de son conseiller, les 26 mars et 14 avril, sans être inquiété.

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