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Facebook va durcir sa modération pour les chefs d’Etat et de gouvernement

Mark Zuckerberg, en 2019 à Washington.

Facebook s’apprête à grandement limiter les privilèges de modération dont jouissent les élus et chefs de gouvernement, selon le site spécialisé The Verge. Facebook pourrait aussi faire preuve de plus de transparence sur les avertissements donnés en cas d’infraction à ses règles, qui peuvent conduire à l’exclusion des comptes récidivistes.

A la différence des autres utilisateurs du réseau social, les chefs d’Etat et de gouvernement, ainsi que de très nombreux élus et responsables politiques, bénéficient d’une exemption « d’actualité » : elle prévoit que leurs posts Facebook puissent rester en ligne au nom de l’intérêt public, et ce, même quand ils diffusent des messages contraires aux règles d’utilisation du réseau social.

Depuis sa création, Facebook considère par exemple qu’un message publié par un chef d’Etat constitue une information de nature politique, à laquelle les citoyens doivent pouvoir avoir accès, même lorsque le message publié est mensonger ou violent. La suppression de messages publiés par des responsables élus a ainsi été jusqu’à présent rarissime sur la plate-forme.

La présidence de Donald Trump a montré les limites de cette politique, l’ancien président américain sortant ayant utilisé à de multiples reprises son compte pour diffuser des théories du complot, des attaques personnelles contre des journalistes ou des adversaires politiques, voire des menaces à peine voilées contre d’autres dirigeants étrangers.

La suspension de Trump, point de basculement

Le compte de Donald Trump a finalement été suspendu en janvier, après l’invasion du Capitole par des supporters du président sortant, que ce dernier avait incités à marcher sur le siège de la Chambre des représentants et du Sénat. Dans les jours précédents, Donald Trump avait également utilisé son compte Facebook pour affirmer, au mépris de toutes les preuves, que des fraudes massives avaient eu lieu lors de l’élection et qu’il était le réel président élu.

Saisi du cas de la suspension du compte de Donald Trump, le « conseil de surveillance » – oversight board, sorte de « Cour suprême » chargée depuis peu d’arbitrer les contestations des décisions de modération de Facebook – avait estimé que la suspension du compte en tant que telle était légitime. Mais le conseil avait vivement critiqué le fait que cette suspension soit sans durée fixée, et que les critères ayant mené à cette suspension soit floue. « Les mêmes règles devraient s’appliquer à tous les utilisateurs », avaient notamment déclaré les membres indépendants de cette instance récemment mise en place. Facebook doit annoncer dans les prochains jours les conséquences qu’il a tirées de cette décision.

Explications : Donald Trump reste banni de Facebook et Instagram, mais son cas sera réexaminé

La manière dont le réseau social avait géré le compte de Donald Trump avait aussi suscité de vives critiques en interne. Ces derniers mois, les critiques se sont multipliées sur la manière dont Facebook modère les comptes de dirigeants politiques dans d’autres pays, notamment après l’offensive israélienne sur Gaza, mais aussi en Inde. Alors que le pays fait face à une crise sanitaire majeure liée à la pandémie de Covid-19, des salariés de Facebook, dont des employés d’origine indienne, s’agacent de ce qu’ils perçoivent comme une forme de complaisance envers le gouvernement Modi, rapporte le New York Times.

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