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Entre bulles sanitaires et jauges limitées dans les stades, un Euro en mode Covid

Au stade de Wembley, à Londres, le 10 juin 2021.

C’est un Euro de football pas comme les autres qui s’ouvre vendredi 11 juin à Rome, avec un prometteur Turquie – Italie. Par son organisation inédite : onze stades dans onze pays différents à travers le continent. Et par le contexte : repoussée d’un an à cause de la pandémie de Covid-19, la compétition, qui se terminera le 11 juillet au stade de Wembley à Londres, va être marquée par des conditions sanitaires drastiques pour les équipes et les supporteurs. Bulles, quarantaine, fan-zones… Tour d’horizon des mesures mises en place.

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  • Isolement strict et tests pour les équipes

Rassemblées pour la plupart depuis fin mai, les 24 équipes participantes à l’Euro, et leurs encadrements, sont soumises à un isolement strict. L’équipe de France est ainsi « confinée » dans son camp de base à Clairefontaine (Yvelines). Jusqu’au 14 juin, date de leur départ pour Munich, où ils affronteront l’Allemagne le lendemain, les Bleus ne peuvent sortir qu’à de rares occasions : balades en forêt à vélo ou matchs amicaux disputés à Nice contre le Pays de Galles et au Stade de France contre la Bulgarie.

« On peut tout imaginer : un livreur qui va toucher une poignée, on la touche ensuite et ça y est, le virus est transmis. On doit tout prévoir, même l’imprévisible », expliquait, début mai, Guy Stéphan, l’adjoint du sélectionneur Didier Deschamps. Si l’épidémie est en nette baisse en France, le risque est toujours grand de voir apparaître un foyer de contamination dans le groupe. A l’image de ce qui s’était passé en rugby avec le XV de France, où douze joueurs et quatre membres de l’encadrement avaient contracté le Covid-19 durant le Tournoi des six nations, au début de l’année.

Les joueurs devront également subir des tests réguliers, espacés de quatre jours maximum au cours de la compétition. Quant à la vaccination, aucune consigne n’a été édictée par l’organisateur, l’UEFA, mais une partie des délégations aura déjà bénéficié d’une ou deux injections. L’encadrement des Bleus a été vacciné avant la fin mai, mais rien n’a été organisé pour les joueurs, laissés à leur « choix personnel ».

  • Le Covid-19 perturbe déjà certaines équipes

Avant même son coup d’envoi, l’Euro connaît de premières alertes sanitaires avec au moins quatre cas positifs détectés dans trois équipes différentes : deux pour la Suède, un pour l’Espagne et un autre dans le groupe des Pays-Bas.

Côté espagnol, la mauvaise nouvelle est arrivée du capitaine Sergio Busquets diagnostiqué positif dimanche 6 juin. Le défenseur Diego Llorente, testé positif mercredi, est finalement considéré comme faux positif après un test négatif jeudi. Dès les premiers résultats connus, l’Espagne a adopté des mesures d’isolement drastiques, contraignant ses joueurs à s’entraîner en solitaire jusqu’au terme de la durée d’incubation supposée.

Le sélectionneur espagnol, Luis Enrique, a dû s’adapter : l’Espagne a envoyé son équipe Espoirs disputer son dernier match de préparation, mardi soir contre la Lituanie (4-0), et l’entraîneur asturien a retenu en urgence six réservistes et onze membres de l’équipe Espoirs afin de parer à toute éventualité. Le ministère espagnol de la santé a annoncé, mercredi 9 juin, que toute la sélection sera vaccinée dans les prochains jours.

Chez les Suédois, qui affronteront… l’Espagne pour leur premier match de l’Euro, lundi 14 juin, Dejan Kulusevski et Mattias Svanberg ont été diagnostiqués positifs et ne disputeront pas cette première rencontre. La sélection a également annoncé la mise en place de tests rapides quotidiens et un nombre renforcé de tests PCR, des réunions en intérieur en plus petits groupes et dans des espaces plus grands.

C’est pour ces raisons que l’UEFA avait autorisé les sélectionneurs à retenir 26 joueurs au lieu de 23. Si un cluster surgit toutefois dans une sélection, son match sera joué si elle dispose d’au moins treize joueurs, dont au moins un gardien. Si cela n’est pas le cas, le match sera reprogrammé sous quarante-huit heures dans un autre stade. Et si ce n’est pas possible, l’équipe sera sanctionnée d’une défaite par forfait (0-3), car « responsable de l’annulation de la rencontre ».

  • Dans les stades, des jauges variables

Malgré une situation sanitaire encore fragile sur tout le continent, l’UEFA a exigé des villes recevant des matchs d’accueillir du public dans les stades. Face à cette obligation, Bilbao et Dublin se sont retirées au dernier moment. Les matchs prévus à Bilbao ont été transférés à Séville et ceux programmés à Dublin auront finalement lieu à Saint-Pétersbourg et Londres.

« Chaque site, chaque ville, chaque pays a défini sa formule » pour organiser ce retour des spectateurs, a expliqué à l’AFP Daniel Koch, conseiller sanitaire de l’UEFA. Budapest s’est engagée à remplir son stade – soit environ 68 000 spectateurs –, sous condition de vaccination complète pour les Hongrois, et de vaccination ou de test négatif pour les étrangers.

Autres bons élèves : Bakou et Saint-Pétersbourg se sont engagées à remplir 50 % de leurs stades. A l’inverse, Munich n’admettra que 22 % de public dans sa mythique Allianz Arena, soit 14 000 personnes au maximum.

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  • Pour les supporteurs, des obstacles aux frontières

Pour les supporteurs qui veulent suivre leur équipe, l’obstacle majeur sera aux frontières, alors que seuls l’Azerbaïdjan, la Hongrie et la Russie ont, pour l’heure, mis en place des procédures spéciales pour les détenteurs de billets, qui seront ainsi dispensés de quarantaine à leur arrivée. Bucarest songe à faire de même pour les visiteurs restant moins de trois jours sur place et présentant un test négatif au Covid-19.

Mais des restrictions sont en vigueur partout ailleurs et notamment au Royaume-Uni, confronté à une poussée du variant Delta apparu en Inde, et qui doit accueillir à Londres les demi-finales et la finale. Ces mesures peuvent varier selon le pays d’origine du détenteur du billet.

  • Quid des fan-zones en France ?

Elles avaient connu de beaux succès lors de l’Euro 2016 ou de la Coupe du monde 2018. Mais pour cette compétition, la plupart des villes hésitent encore à mettre à nouveau en place des fan-zones pour les matchs.

La ministre déléguée aux sports, Roxana Maracineanu, a confirmé le 4 juin que de tels espaces pourront être installés, mais avec l’obligation de rester assis et une jauge maximum de 5 000 personnes, et ce jusqu’au 30 juin – date marquant un assouplissement des mesures sanitaires en France. « Après cette date, on reviendra à peu près à la normalité », espère-t-elle.

Avec ces conditions encore drastiques, de nombreuses villes préfèrent toutefois attendre le mois de juillet et le début de la phase finale – en espérant que la France soit toujours qualifiée –, pour mettre en place ces fameuses fan-zones.

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