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Enquête | Par sa « diplomatie des stades », la Chine étend son influence en Afrique

Un stade olympique flambant neuf est soudain entré dans l’histoire politique de la Côte d’Ivoire. Il se trouve à Ebimpé, au nord d’Abidjan. D’une capacité de 60 000 places, il brille par son architecture moderne en forme de nid d’oiseau. Le président ivoirien, Alassane Ouattara, l’a fait rebaptiser à son nom et y a organisé, le 17 mars, une cérémonie en hommage à son « fils », le premier ministre Hamed Bakayoko, mort d’un cancer le 10 mars en Allemagne. Sur la pelouse ont défilé des personnalités politiques, puis des stars de la musique africaine ont chanté jusqu’au petit matin les louanges du chef de gouvernement défunt.

Pour les « Messieurs Afrique » de Pékin, cette célébration est considérée comme un succès diplomatique. Le « stade Alassane-Ouattara » est un don de la Chine à la Côte d’Ivoire, qui accueillera, en 2023, la phase finale de la Coupe d’Afrique des nations (CAN) de football.

Si Pékin prend également en charge la construction des stades de Korhogo (nord) et de San Pedro (sud-ouest), pour un montant de près de 200 millions d’euros, celui d’Abidjan a une place à part. En quatre ans, plus de 1 500 ouvriers chinois et ivoiriens ont bâti ce « joyau de la coopération amicale » entre les deux pays, selon les mots de l’ambassadeur chinois en Côte d’Ivoire, Wan Li. Le coût des travaux avoisine les 130 millions d’euros.

« L’une des plus belles réalisations de notre pays »

« Il s’agit de l’une des plus belles réalisations de notre pays dans le domaine des sports », s’est réjoui le président ivoirien, qui, un mois avant sa réélection controversée pour un troisième mandat, avait remercié son homologue chinois, Xi Jinping, lors de l’inauguration du site, en octobre 2020. A ses côtés, M. Wan avait précisé que « ce stade est le plus grand et le mieux équipé que la Chine ait financé et construit en Afrique ».

Un stade a beau ressembler à un gadget diplomatique, il est relativement peu onéreux, simple à réaliser, populaire et hautement symbolique

Dans le cadre de sa « diplomatie des stades », la Chine en a offert et rénové près d’une centaine au cours des cinq dernières décennies sur le continent africain, avec pour objectifs de consolider les relations bilatérales, de faciliter l’obtention de grands contrats, d’avoir un accès privilégié aux ressources extractives, mais aussi de s’assurer des voix et du soutien des « frères » d’Afrique aux Nations unies ainsi que dans les autres institutions internationales. La Chine s’est imposée comme le premier partenaire commercial et créancier du continent placé au cœur du projet de « nouvelles routes de la soie ».

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