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Enquête | Le projet de loi « séparatisme » veut restreindre l’école à la maison ; les familles concernées montent au créneau

Par Mattea Battaglia

Publié aujourd’hui à 05h39, mis à jour à 16h31

Il y a ceux qui se rassurent en répétant que leur enfant a une « pratique » musicale ou sportive « de haut niveau », l’un des motifs de dérogation prévu par le législateur. Ceux qui se préparent à « monter un dossier médical », autre cas de figure permettant de continuer à faire l’« école à la maison ». Ceux qui se résignent, déjà, à une inscription à l’école…

Face à la perspective d’une stricte limitation de l’instruction en famille souhaitée par le gouvernement pour lutter contre le « séparatisme islamiste » et les « dérives sectaires », des « parents instructeurs » estiment être les victimes collatérales d’un projet de loi qui ne les visent pas.

Alors que l’article 21 du projet de loi « confortant les principes républicains », dit projet de loi « séparatisme », doit être débattu à l’Assemblée nationale, à partir de jeudi 11 février, ces familles sont sorties de leur réserve ces dernières semaines. L’occasion de démontrer que, même si elles sont une minorité – l’instruction à domicile concerne 62 000 enfants, sur un total de 12,4 millions d’élèves –, elles savent donner de la voix : interpellations du ministre de l’éducation, de députés et de sénateurs, visites en mairies, manifestations en région, pétitions en ligne, courriers aux médias…

Lire aussi Ce que contient le projet de loi contre le « séparatisme » examiné par l’Assemblée

« On tente le tout pour le tout pour que la liberté d’enseignement garantie par la loi sur l’instruction obligatoire de 1882 et notre choix de parents restent, en France, un principe et non une exception », martèle Jean-Baptiste Maillard, porte-parole de l’association Liberté éducation. Avec d’autres collectifs et associations (Les enfants d’abord, Unie, LAIA, CISE, Felicia, etc.), ce quadragénaire, auditionné en commission spéciale le 8 janvier, a sonné la mobilisation sur ce sujet sensible, qui divise jusque dans la majorité et fait l’objet de quelque 400 amendements de tous bords.

« Chemin éducatif différent »

Jean-Baptiste Maillard a trois garçons instruits en famille « depuis toujours ». Pas pour faire « société à part », assure-t-il. Pas non plus pour des « raisons religieuses », même si ce catholique pratiquant ne fait aucun secret de ses convictions.

« Peu après la naissance de notre aîné, on a découvert la pédagogie Montessori », explique-t-il. C’est « ça » qui a poussé le jeune couple, installé à Tours, à prendre un « chemin éducatif différent ». « A l’époque, des amis nous ont regardés avec des yeux ronds ; ils nous ont demandé si c’était légal. On a découvert en même temps qu’eux que ça l’était… depuis Jules Ferry. On ne s’est pas demandé si c’était une décision contre l’école. C’est la nôtre, on la remet en jeu tous les ans, mais on n’est pas prêt à ce qu’elle soit prise pour nous. »

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