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Enquête | La Chine accusée d’avoir entravé la mission de l’OMS à Wuhan sur les origines du Covid-19

Peter Ben Embarek, de l’OMS, à la fin de la mission d’enquête sur les origines de la pandémie, à Wuhan (Chine), le 10 février.

Pour Pékin, le mardi 30 mars s’annonçait sous les meilleurs auspices. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) allait rendre public le rapport de la mission à Wuhan – réalisée du 14 janvier au 10 février – copilotée par les autorités chinoises et des experts internationaux, sur les origines de la pandémie de Covid-19. Les conclusions étaient connues : le rapport, qui a été relu et validé par les responsables chinois, s’abstient de toute conclusion définitive, tout en écartant l’hypothèse la plus embarrassante – la fuite accidentelle du nouveau coronavirus d’un laboratoire de Wuhan. Pékin devait garder la haute main sur l’agenda.

Mais rien ne s’est passé comme prévu. Premier coup de théâtre : quelques minutes avant la conférence de restitution de l’expertise sino-onusienne, le patron de l’OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus, sidérait tous les observateurs en déclarant, devant les représentants des Etats membres de l’organisation, que la conduite d’une enquête spécifique sur l’hypothèse d’un accident de laboratoire chinois était nécessaire. « Cela demande d’enquêter plus avant, probablement avec de nouvelles missions et des experts spécialisés que je suis prêt à déployer », a-t-il déclaré.

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Quelques heures plus tard, nouvelle surprise : le département d’Etat américain publiait une déclaration commune des gouvernements de quatorze pays (Australie, Canada, Royaume-Uni, Corée du Sud, Norvège, etc.) accusant la Chine d’avoir entravé le travail des experts internationaux. « Ensemble, nous sommes favorables à une analyse et à une évaluation transparentes et indépendantes, exemptes d’interférences et d’influence indues, sur les origines de la pandémie de Covid-19, assènent les quatorze gouvernements coalisés. A cet égard, nous exprimons notre préoccupation commune concernant la récente étude commanditée par l’OMS en Chine (…). » La mission, ajoutent-ils, « a été significativement retardée et n’a pas eu accès à l’ensemble des données originales et des échantillons ».

Une accusation que M. Tedros, pourtant habituellement peu critique à l’égard de Pékin, avait faite sienne un peu plus tôt, affirmant que les experts lui avaient fait part « de leurs difficultés à accéder aux données brutes » au cours de leur visite à Wuhan.

Trois grands axes

Ces dernières semaines, l’OMS avait subtilement commencé à se mettre à distance des conclusions qui seraient tirées du rapport. A Genève, on expliquait que l’institution n’endosserait pas nécessairement celui-ci, mais qu’elle le « passerait en revue », avant de faire ses recommandations.

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