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En visite à Ankara, les dirigeants européens proposent un « agenda positif » au président Erdogan

Les responsables européens, Charles Michel, et Ursula von der Leyen, en visite au palais présidentiel de Recep Tayyip Erdogan, le 6 avril à Ankara.

Le président turc, Recep Tayyip Erdogan, a eu droit, mardi 6 avril, à un traitement de faveur dont peu de chefs d’Etat peuvent se vanter d’avoir bénéficié.

Charles Michel, le président du Conseil européen, et Ursula von der Leyen, son homologue de la Commission, sont venus tous deux jusqu’au palais présidentiel de Bestepe, à Ankara, pour lui exposer les grandes lignes du « nouveau chapitre » que l’Union européenne (UE) souhaite ouvrir dans sa relation avec la Turquie.

La visite a eu lieu à l’invitation de M. Erdogan, soucieux, au moment où son pays est sous le coup de sanctions américaines et alors que son économie bat de l’aile, de recoller les morceaux de la relation avec le Vieux Continent, abîmée par son chantage aux migrants, ses ambitions énergétiques en Méditerranée orientale, l’envoi de mercenaires syriens en Libye et dans le Caucase.

L’accord de 2016 sur les flux migratoires prolongé

Les dirigeants de l’UE veulent capitaliser sur les concessions faites tout récemment par le numéro un turc, devenu plus conciliant envers la Grèce et Chypre. Les navires turcs qui prospectaient sur les gisements gaziers grecs et chypriotes en Méditerranée ont été rappelés au port, et les pourparlers directs entre Athènes et Ankara, interrompus depuis 2016, ont repris leur cours.

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Les Vingt-Sept veulent croire à la reprise d’une relation apaisée avec Ankara, un « partenaire important », notamment sur la question de l’accueil des réfugiés, pour la plupart des Syriens. « Nous sommes reconnaissants à la Turquie pour l’accueil des réfugiés », a tenu à souligner M. Michel, lors de sa visite.

L’accord, signé en 2016 avec l’Europe et par lequel les autorités turques s’engagent à bloquer les flux migratoires vers la Grèce, en contrepartie d’une aide financière, soit 6 milliards d’euros, sera prolongé. « Je suis très attachée à assurer la continuité du financement européen », a insisté Mme von der Leyen, à l’issue des entretiens avec le président turc.

Les 3,6 millions de réfugiés syriens actuellement hébergés par la Turquie étant voués à rester, l’aide humanitaire ne suffit plus, il faut développer des projets d’intégration. Ce sujet préoccupe particulièrement l’Allemagne et la démocratie-chrétienne (CDU) de la chancelière, Angela Merkel, en cette période de campagne électorale. Une préoccupation partagée par M. Erdogan, qui s’est dit favorable, selon son porte-parole, Ibrahim Kalin, à une « extension rapide » du pacte, arrivé à expiration en mars.

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