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En Seine-Saint-Denis, les enseignants non remplacés et le nouveau protocole sanitaire pèsent sur les familles

Une salle de classe à l’école Saint-Exupéry de La Courneuve (Seine-Saint-Denis), le 14 mai 2020.

Le manque d’enseignants est un problème récurrent en Seine-Saint-Denis. Plusieurs alertes ont déjà été lancées, ces derniers mois, tant par les professionnels que par les parents d’élèves. Cette semaine, une nouvelle difficulté s’ajoute avec l’entrée en vigueur du nouveau protocole sanitaire, alerte le SNUipp-FSU 93, majoritaire dans le premier degré.

Le nouveau protocole impose, depuis le 26 avril, de renvoyer chez eux les enfants dont l’enseignant est absent. Concrètement, cela signifie qu’ils ne peuvent plus être répartis dans les autres classes, comme cela se faisait souvent, et que cela pèse sur les familles, parfois en situation précaire. « L’accueil des élèves est alors suspendu dans l’attente de l’arrivée du professeur remplaçant », peut-on lire sur le site Internet du ministère de l’éducation nationale.

« Pour le moment, nous avons au moins 200 classes fermées, faute de personnels disponibles. Dans une des circonscriptions [le département en compte 30], nous avons 25 enseignants non remplacés, alerte Caroline Marchand, cosecrétaire du SNUipp-FSU 93. Tout est exacerbé par la crise sanitaire. Depuis septembre, nous demandons un surnombre d’enseignants, en particulier dans notre département en proie aux difficultés. » Parmi ces professeurs non remplacés se mêlent en effet des absences longue durée, mais aussi des cas de personnes positives au Covid-19.

« Mauvaise gestion » pour la FCPE 93

Pour répondre aux absences de professeurs touchés par la maladie, le ministère de l’éducation nationale a annoncé, au niveau national, « 5 000 recrutements supplémentaires de professeurs des écoles remplaçants et d’assistants d’éducation », sans plus de précisions. Une mesure qui s’ajoute à la première vague de recrutements des 6 000 professeurs contractuels pour le premier degré, mi-novembre.

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Protocole oblige, Nada, enseignante à Sevran, qui souhaite rester anonyme, ne peut plus accueillir une partie des élèves d’une collègue enseignante, absente quelques jours, et a vu certains parents s’organiser dans l’urgence. « Pour le moment, ils sont compréhensifs car ils savent que la situation est très compliquée, témoigne cette jeune professeure des écoles. Malgré sa situation, une mère isolée n’a pas rechigné et a pris sur elle pour trouver une solution de garde pour sa fille. » Pour Wilfried Serisier, vice-président de la FCPE 93, le ministère ne prend pas conscience des « conséquences pratiques » de ces nouvelles mesures.

Devant le non-remplacement des absences de courte durée et le non-brassage des classes, les parents d’élèves se retrouvent en effet dans une situation inconfortable. « Certains parents peuvent se trouver en porte-à-faux vis-à-vis de leurs employeurs si ça se représente plusieurs fois, remarque-t-il. De fait, il peut y avoir une désorganisation de la vie familiale, en particulier des parents isolés », pour le travail mais aussi pour la continuité pédagogique.

« A Pierrefitte-sur-Seine, on nous a signalé six classes fermées ; quatre pour non-remplacements liés au Covid-19 et deux autres parce que les remplaçants ne sont pas venus », indique-t-il. Cette situation témoigne d’une « mauvaise gestion », selon la FCPE 93, « malgré les demandes d’anticipation ». Sollicité par Le Monde, le rectorat de Créteil n’a pas souhaité communiquer sur ce sujet.

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