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En Pologne, un ministre d’extrême droite pour l’éducation nationale

Le nouveau ministre de l’éducation polonais, Przemyslaw Czarnek, à Varsovie, le 21 octobre.

LETTRE DE VARSOVIE

Si le chef de la majorité nationale-conservatrice de Droit et justice (PiS), Jaroslaw Kaczynski, voulait montrer davantage sa rupture avec les valeurs d’une Europe en phase avec son temps, ouverte et démocratique, il n’aurait pu mieux faire que de nommer Przemyslaw Czarnek au ministère de l’éducation nationale. Depuis sa prise de fonctions, le 19 octobre, il ne se passe pas un jour sans que le nouveau titulaire du poste ne fasse les gros titres de la presse. Comme, par exemple, le 27 novembre, lorsqu’il a affirmé sans sourciller, à la télévision publique, que « nous sommes arrivés en Europe à un niveau pire qu’à l’époque de l’Union soviétique et du communisme ».

Cet homme de 43 ans, propre sur lui, s’est forgé une sévère réputation à force de sorties retentissantes qui font dire à certains que le personnage s’est trompé d’époque. C’était en somme le message des femmes polonaises qui ont manifesté à de nombreuses reprises devant son ministère, dans le cadre de leur lutte pour le droit à l’avortement. M. Czarnek avait notamment déclaré que les femmes qui se décident à une grossesse tardive « ne font pas ce pour quoi Dieu les a créées ». Les passions que le ministre suscite sont telles qu’une manifestante est allée jusqu’à se coller les mains au portail du ministère, nécessitant l’intervention d’une équipe médicale.

Docteur en droit de l’Université catholique de Lublin (KUL), M. Czarnek a fait parler de lui pour la première fois quand, en tant que voïvode de la région de Lublin (l’équivalent d’un préfet de région), il décernait en 2019 des « diplômes du mérite » aux collectivités locales qui adoptaient les résolutions « zone anti-idéologie LGBT » (lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres) sur leurs territoires, lesquelles avaient fait scandale en Europe.

« Il faut arrêter d’écouter ces idioties sur de prétendus droits de l’homme ou une prétendue égalité », Przemyslaw Czarnek

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A la même époque, il s’était prononcé pour une interdiction des Marches de l’égalité et s’affichait, en sa qualité de représentant de l’Etat, à des manifestations de l’ONR, un groupuscule d’extrême droite dont les racines idéologiques remontent au fascisme de l’entre-deux-guerres. Le 13 juin, au sujet des homosexuels, il déclarait à la télévision publique qu’il faut « défendre les familles polonaises contre le pourrissement et la dépravation » et « arrêter d’écouter ces idioties sur de prétendus droits de l’homme ou une prétendue égalité. Ces personnes ne sont pas égales aux gens normaux ». Cette sortie lui avait valu une interdiction temporaire de s’exprimer dans les médias par son propre parti.

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