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En Méditerranée, la croisière en semi-liberté

Passagers du navire de croisière MSC Grandiosa, à Civitavecchia, au nord-ouest de Rome, mercredi 31 mars 2021.

Devant l’Autorité portuaire de Naples, en Italie, se côtoient chaque mardi deux longues files d’attente. L’une mène au vaccinodrome et prépare le retour à la vie d’après ; l’autre permet d’embarquer à bord du MSC Grandiosa et de goûter de nouveau à la vie d’avant. Depuis l’été 2020, ce monstre marin est le seul à avoir continué de naviguer, suivant un parcours immuable : Gênes, Rome, Naples, Palerme, La Valette (Malte), Gênes, et ainsi de suite. La télévision italienne s’est régalée de ces couples de septuagénaires ravis, bronzant sans masque au bord d’une piscine et retrouvant les joies du spectacle vespéral.

La croisière, toutefois, ne s’amuse pas n’importe comment ni avec n’importe qui. Fini les journées en liberté à terre ou les soirées au bras du célibataire de la cabine 1096. « On ne peut danser qu’au sein de sa bulle familiale, précise Patrick Pourbaix, directeur de MSC France. On doit maintenir une bulle en excursion, ce qui empêche d’aller au café du coin ou de faire du shopping : il y a un petit manque de liberté mais l’avantage, c’est que les visites en groupe réduit donnent à ces excursions un aspect VIP. »

Des excursions sous cloche, dans des lieux et restaurants réservés à l’avance par la compagnie : l’impératif sanitaire, bien réel, n’est pas sans intérêt commercial pour les croisiéristes, qui voient dans les dépenses à terre un gisement de revenus annexes.

Travail de sape payant

Depuis près d’un an, l’industrie de la croisière tente d’effacer les dommages causés par la pandémie de Covid-19. Echaudés par le souvenir des clusters à bord et de très complexes rapatriements, les gouvernements du monde entier ont mis du temps à accorder leur confiance aux compagnies. Cet été doit marquer une véritable reprise, après un retour avorté il y a un an. Dès le mois de mai, d’autres navires rejoindront le MSC Grandiosa en Méditerranée, première zone géographique à replonger, malgré la circulation du virus en Europe.

La CDC américaine (centres pour le contrôle et la prévention des maladies), inflexible, continue de recommander d’éviter les croisières et d’interdire leur accès aux ports. Depuis des mois, les grandes compagnies américaines, leaders du secteur, mènent un lobbying intense pour lever le « No Sail Order » (« interdiction de naviguer »), relayés par l’Alaska et la Floride, particulièrement intéressés. Ce travail de sape semble avoir payé : jeudi 29 avril, la CDC a assoupli les conditions d’un retour en mer et laissé entrevoir une reprise à la mi-juillet. Elle pose toutefois une condition : au moins 95 % des passagers et 98 % du personnel navigant devront être vaccinés pour qu’un bateau puisse lever l’ancre.

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