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En Libye, l’ombre de la Turquie et de la Russie plane sur le compromis politique

Le nouveau premier ministre libyen, Abdel Hamid Dbeibah, s’adressant aux membres du  « forum du dialogue politique libyen » à Genève, le 3 février 2021.

Exit Faïez Sarraj, l’homme qui a dirigé cinq ans durant un semblant de gouvernement d’« accord national » à Tripoli sur fond d’affrontement avec l’autorité rivale de l’Est libyen incarnée par le maréchal Khalifa Haftar. Le choix de son successeur est une surprise : il s’agit du prospère homme d’affaires Abdel Hamid Dbeibah, 61 ans, originaire de Misrata, métropole portuaire de l’ouest. Le nouveau premier ministre libyen a été élu, vendredi 5 février, par un collège électoral (officiellement appelé le « forum du dialogue politique libyen ») de 74 délégués, réunis à Genève sous les auspices des Nations unies qui en avaient choisi la composition.

Le « ticket » sur lequel M. Dbeibah figurait comprend également les trois membres d’un nouveau conseil présidentiel dont le chef, Mohamed Younes Menfi, est originaire de Benghazi (est). MM. Dbeibah et Menfi vont désormais incarner cet exécutif à deux têtes – où le poste de chef de gouvernement est toutefois plus influent –, remplaçant un Sarraj qui cumulait les deux fonctions.

Alors que la Libye panse les plaies des quatorze mois qu’a duré la « bataille de Tripoli » (avril 2019-juin 2020), déclenchée par l’assaut – finalement repoussé – de l’Armée nationale libyenne (ANL) d’Haftar sur la capitale, la nouvelle équipe menée par M. Dbeibah est censée consolider cette convalescence dans la perspective d’élections présidentielle et législatives prévues le 24 décembre. Son entrée en fonction est subordonnée à un vote d’investiture du Parlement – aujourd’hui exilé à Tobrouk, à l’est –, qui avait fait défaut à Sarraj en 2016, en raison de l’hostilité du maréchal Haftar.

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Le contexte est toutefois différent cette fois-ci, car l’« homme fort » de la Cyrénaïque (est) a adoubé le « ticket » Dbeibah-Menfi, qualifié de « patriotique » dans un communiqué de l’ANL. Ce soutien d’Haftar a d’ailleurs été décisif pour permettre la victoire à Genève de MM. Dbeibah et Menfi face au tandem rival – et favori – composé par Fathi Bashagha et Aguila Salah Issa, respectivement ministre de l’intérieur et président du Parlement de Tobrouk. Autant de nombreux représentants de l’ouest ont voté contre M. Bashagha, un Misrati à poigne peu prisé des milices de Tripoli inquiètes pour leurs fiefs, autant les amis d’Haftar ont tenu à sanctionner M. Salah Issa, qui avait eu l’outrecuidance de défier le maréchal dans l’est, après la déconfiture de la « bataille de Tripoli ».

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