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En Israël, Benyamin Nétanyahou échoue à former un gouvernement

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, à droite, le ministre de la défense Benny Gantz, au centre, lors de la cérémonie de prestation de serment du 24e gouvernement d’Israël, à la Knesset, à Jérusalem, le 6 avril 2021.

Le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, jugé pour « corruption » dans une série d’affaires, a échoué, mercredi 5 mai, à former un gouvernement dans les délais prévus, ouvrant ainsi la voie à ses adversaires qui cherchent à le chasser du pouvoir.

Lundi, les chaînes israéliennes ont rivalisé de scénarios, parfois des plus intrigants, permettant au Likoud (droite) de M. Nétanyahou de rester au pouvoir en ralliant l’ensemble des forces de droite, voire des islamistes, pour atteindre la majorité parlementaire.

En tête avec 30 sièges, sur les 120 de la Knesset, lors des législatives du 23 mars – les quatrièmes en moins de deux ans en Israël – M. Nétanyahou avait reçu le mois dernier du président Réouven Rivlin le mandat de former un gouvernement.

Mais après des semaines d’intrigues, de discussions de couloirs, et de rumeurs parfois contradictoires, le premier ministre le plus pérenne de l’histoire d’Israël n’a pas réussi à réunir une majorité de 61 députés pour former un gouvernement.

« Peu avant minuit, M. Nétanyahou a informé la présidence qu’il était incapable de former un gouvernement et donc qu’il rendait au président le mandat », a indiqué dans un bref communiqué le bureau du président Rivlin.

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« Histoire sans fin »

Alors que se passe-t-il ensuite ? Le président israélien doit entrer en contact, dès mercredi matin selon ses services, avec les élus de la Knesset pour discuter de la marche à suivre et ainsi tenter d’en finir de ce feuilleton aux airs « d’histoire sans fin ».

Le centriste Yaïr Lapid, ancien journaliste et animateur de télé vedette, à la tête depuis près d’une dizaine d’années de la formation Yesh Atid (« Il y a un futur »), s’est dit lundi prêt à se voir confier la tâche de former un gouvernement. « Le temps pour un nouveau gouvernement est venu (…). Il s’agit d’une opportunité historique de briser les barrières qui divisent la société israélienne, d’unir les religieux et les laïcs, la gauche, la droite et le centre », a lancé M. Lapid.

Et d’accuser du même souffle le premier ministre Nétanyahou et son équipe de ne pas avoir empêché la tragédie « évitable » du Mont Méron, où 45 juifs sont morts vendredi dans une bousculade géante en plein pèlerinage réunissant des dizaines de milliers de juifs ultraorthodoxes.

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Nétanyahou a tenté de rapatrier des frondeurs de droite

Au cours des dernières semaines, Benyamin Nétanyahou a tenté de former un « gouvernement de droite » avec ses alliés des partis ultraorthodoxes et les formations de droite radicale Yamina et d’extrême droite « Sionisme religieux ». Mais en ajoutant ces appuis, son compteur politique s’est arrêté à 59 élus, à deux députés près de la majorité parlementaire.

Pour tenter d’atteindre ce seuil, le premier ministre a tenté sans succès de rapatrier des frondeurs de droite ayant quitté le Likoud pour former le parti conservateur « Nouvel Espoir » et a courtisé le parti islamiste RAAM de Mansour Abbas, ce qui a ulcéré l’extrême droite.

Mais l’opposition réussira-t-elle aujourd’hui là où Benyamin Nétanyahou a échoué hier ? Dans un premier temps, le chef de l’opposition doit s’assurer d’obtenir le mandat de former le gouvernement.

A ce titre l’ancien chef de l’armée, Benny Gantz, a dit mardi soir avoir « parlé avec tous les leaders des partis pro-changement pour leur demander de recommander à ce que M. Lapid obtienne le mandat de former le gouvernement », pour ensuite former ensemble un gouvernement « en quelques heures ».

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Mais une fois réunies les voix ouvertement « anti-Nétanyahou » au sein de la gauche, du centre et de la droite, le compteur de ce « bloc du changement » s’arrête à 51 députés. Et il lui faudrait donc rallier dix autres sièges parmi les partis arabes (10 élus au total) ou de la formation de droite radicale Yamina dirigée par Naftali Bennett, à qui M. Nétanyahou a même proposé lundi, mais sans succès, le poste de premier ministre dans une rotation du pouvoir.

Si l’opposition parvient à former un gouvernement, une page de l’histoire d’Israël se tournera avec le départ de Benyamin Nétanyahou, qui a passé les douze dernières années au pouvoir. Sinon, les Israéliens risquent de retourner aux urnes… pour une cinquième fois en un peu plus de deux ans.

Le Monde avec AFP

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