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En Ile-de-France, les pouvoirs publics étoffent leurs offres de location de vélos

Une station Vélib’, à Paris, le 23 avril 2020.

La nuit tombe tôt. Aussi vaut-il mieux bien se couvrir et se protéger contre la pluie. Cependant, il en faudrait davantage pour décourager les cyclistes du quotidien. Les pistes cyclables, en effet, ne désemplissent pas, et cet engouement finit par attiser des convoitises, en particulier en Ile-de-France, cette région de 12 millions d’habitants où les transports publics sont notoirement saturés et les routes, embouteillées.

A quelques jours d’intervalle, plusieurs acteurs publics et privés y ont annoncé le déploiement de nouvelles flottes de bicyclettes, espérant convaincre davantage de Franciliens d’utiliser ce mode de transport. Le service Véligo location d’Ile-de-France Mobilités (IdFM), présidé par Valérie Pécresse (Libres!), qui propose un vélo à assistance électrique bleu pour 40 euros par mois, présente trois nouveaux modèles.

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Tout d’abord, le Véligo « rallongé », 2 mètres de long contre 1,80 mètre pour la version classique, supporte un large siège pour enfant à l’arrière et une petite caisse à l’avant. Le triporteur, deux roues avant et une roue arrière, est doté d’un vaste contenant, idéal pour le transport de paquets. Enfin, le biporteur, avec ses deux roues, réclame une conduite plus agile, mais, moins large que le triporteur, il passe partout. Ces trois modèles, 520 exemplaires au total, loués 80 euros par mois, contre 40 euros pour le Véligo classique, seront disponibles au premier trimestre 2021.

Difficultés d’approvisionnement en pièces détachées

L’annonce d’IdFM accompagne l’essor du vélo-cargo, un objet très répandu aux Pays-Bas ou en Allemagne, mais quasiment absent des villes françaises il y a encore cinq ans. A terme, l’autorité organisatrice des transports franciliens espère que ces vélos capacitaires remplaceront la voiture pour des trajets urbains relativement courts.

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Les triporteurs et biporteurs pourraient en particulier intéresser les acteurs de la logistique, qui y voient une solution pour « le dernier kilomètre », selon l’expression consacrée, l’ultime tronçon entre l’entrepôt, la boutique ou le particulier. IdFM souhaite toutefois réserver Véligo à un usage personnel et familial. Compte tenu des difficultés d’approvisionnement en pièces détachées, constatée à l’échelle mondiale,l’autorité organisatrice redoutait que l’ouverture du service à des artisans se traduise par une longue liste d’attente.

L’autre système de vélo public de la région parisienne, le Vélib’, renforce, lui aussi, sa présence dans les rues. Les élus des 55 communes concernées, principalement sises dans les départements de la petite couronne, ont voté le déploiement de 100 nouvelles stations. La structure gouvernant Vélib’, présidée par Sylvain Raifaud (EELV), accueille en outre l’adhésion de deux villes, Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) et Châtillon (Hauts-de-Seine), dont les maires précédents n’avaient pas voulu du service, et qui ont été remportées par le PS aux dernières élections municipales, en juin. Les élus ont également souhaité une augmentation de 5 % des vélos à assistance électrique, au carénage bleu ciel, avec lesquels sont effectués plus de la moitié des trajets.

« Saturation des pistes cyclables »

Pour autant, les acteurs privés ne baissent pas les bras, comme l’avait prouvé l’offensive menée il y a trois ans par de multiples sociétés, la plupart implantées en Chine, déployant sur la voirie parisienne des vélos multicolores en free floating (sans borne d’attache). Quelques mois plus tard, l’essentiel de ces bicyclettes avait disparu, faute de rentabilité.

Face aux derniers survivants de cette vague – les vélos rouges de Jump, cédés à l’été 2020 par Uber à l’opérateur de trottinettes Lime –, un nouvel entrant escompte profiter des progrès du vélo dans la capitale. Dott, société créée en 2018 aux Pays-Bas par deux entrepreneurs français, lancera au printemps 2021 de nouveaux modèles à assistance électrique, robustes et colorés.

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La conversion de l’Ile-de-France au vélo « est la meilleure nouvelle de cette année calamiteuse qu’a été 2020 », a estimé, mardi 15 décembre, Stéphane Volant, qui préside Smovengo, l’opérateur du service Vélib’, lors d’un débat organisé par le salon européen des mobilités. Toutefois, cette évolution « peut conduire à la saturation des pistes cyclables », a-t-il reconnu. L’aménagement de la voirie francilienne pour faciliter l’usage du vélo constituera sans nul doute l’un des enjeux des élections régionales de 2021.

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