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En grève, les accompagnants d’élèves en situation de handicap dénoncent la précarité de l’école inclusive

Rassemblement des AESH, à Lyon, le 3 juin.

« AESH en colère/enfants, écoles, parents, en galère » ou encore « Se lever pour moins de 800 euros, c’est insultant ». Sur les pancartes, jeudi 3 juin, se lisait l’exaspération des accompagnants d’élèves en situation de handicap (AESH) venus faire entendre, pour la troisième fois depuis le début de l’année, leur ras-le-bol à proximité du ministère de l’éducation nationale, à Paris. Plusieurs autres mobilisations ont eu lieu un peu partout en France.

Petites mains de l’école inclusive, elles sont en majorité des femmes dans le cortège parisien et dans la profession. A l’échelle nationale, les AESH sont 110 000 soit 10 % des effectifs de l’éducation nationale. En poste depuis deux ans maintenant, Carole (qui a souhaité garder l’anonymat) ne peut pas se contenter de son salaire de 737 euros net par mois. « S’il n’y avait pas les aides de l’Etat, impossible pour moi de joindre les deux bouts », témoigne la quadragénaire, qui cumule un autre travail en plus de son contrat de vingt-quatre heures par semaine payées au smic.

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Une situation que partagent beaucoup de ses collègues, qui se retrouvent dans l’obligation de cumuler plusieurs emplois. « Nous demandons à ce que ces contrats soient considérés en temps plein afin d’avoir une rémunération décente », revendique Manuel Guyader, représentant SUD Education dans l’académie de Paris. Une revalorisation salariale qui permettrait d’améliorer aussi la cote du métier d’AESH, dont les besoins sont encore importants. En tout, 385 000 enfants en situation de handicap sont accueillis en classe ordinaire depuis la rentrée 2020.

Besoins en formation

En plus de cette rémunération en dessous du seuil de pauvreté (1063 euros, soit 60% du niveau de vie médian), Sanae rappelle que « la précarité touche aussi les contrats de travail ». Originaire de La Courneuve, en Seine-Saint-Denis, cette AESH travaille depuis 2018 et est toujours en CDD, avec un salaire de 867 euros par mois. « Je ne sais jamais si je vais être renouvelée, c’est l’incertitude à chaque fois », témoigne cette femme accompagnée de sa collègue. Après huit années de CDD à temps partiel, Alexandra vient de signer un CDI, à temps partiel également. « L’enjeu est notre place au sein de l’éducation nationale, nous devons avoir accès au même statut que les enseignants », insiste la trentenaire.

Le gouvernement a récemment réformé le statut des AESH, qui sont passés de contrats aidés à des CDD de trois ans renouvelables une fois et transformables en CDI. Il a également créé en 2019 des pôles (PIAL) pour coordonner les besoins des élèves en situation de handicap, mais qui impliquent une mutualisation systématique des aides. « Avec ce dispositif, on nous considère comme des pions qu’on déplace pour combler des trous, affirme Bénédicte, en poste dans le 12e arrondissement de Paris. On peut être amené à changer plusieurs fois d’établissement dans une même journée. » Aussi, les AESH critiquent la manière dont les PIAL et leur management affectent les personnels mais aussi les enfants. « Physiquement et mentalement, c’est épuisant, relève Sarah, AESH à Paris. Par moments, nous devons nous occuper de deux élèves en même temps, chacun avec ses besoins spécifiques. »

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