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En Espagne, le parti libéral Ciudadanos au bord de l’implosion

La présidente du parti Ciudadanos, Inés Arrimadas, discutant avec un membre de l’association Jusapol, formée par des agents de la police nationale et de la garde civile, à Barcelone, le 12 février 2021.

Le parti libéral Ciudadanos s’attendait à une débâcle aux élections catalanes du 14 février. Mais pas d’un tel calibre. Avec 5,6 % des voix, la formation menée par Inés Arrimadas a perdu près d’un million de votes : après 1,1 million de voix obtenues en décembre 2017 (25,4 %), elle n’est parvenue à retenir que 158 000 électeurs. Elle passe ainsi de 36 députés à seulement 6, sur les 135 sièges du Parlement régional. Un effondrement qui pose la question de la survie même du parti.

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« Les élections catalanes lui portent un coup mortel dans le territoire qui l’a vu naître et d’où il tirait l’essentiel de ses ressources », estime Pablo Simon, professeur de sciences politiques à l’université Carlos-III, à Madrid. Né en 2006 à Barcelone en réaction à la montée du nationalisme catalan, c’est au cœur que le parti a été touché. « Près de 14 % des voix de Ciudadanos sont allées au Parti socialiste catalan [PSC] et 12 % à Vox [extrême droite]. Le reste a gonflé les rangs de l’abstention », détaille le politiste. Le taux de participation s’est en effet élevé à un peu moins de 54 %, contre 79 % aux élections de décembre 2017.

Mercredi 17 février, d’anciens élus régionaux – baptisés les « rénovateurs de Ciudadanos » – ont donné une conférence de presse à Barcelone, demandant une « analyse urgente et profonde ». « Comment est-il possible que personne ne démissionne ?, s’est demandé le porte-parole de ce mouvement de contestation interne, l’ancien député régional Antonio Espinosa. Non seulement les militants sont démoralisés, mais aussi les responsables publics. Si cela continue, les résultats seront de pire en pire et le parti disparaîtra. »

Porte de sortie

La veille, la réunion de l’exécutif du parti visant à analyser les résultats a duré cinq heures, d’autres représentants du parti exigeant que des têtes tombent, notamment celle du responsable de la campagne électorale. Car, si les premiers sondages annonçaient une chute de plus de 40 % des voix, le résultat final a été de plus de 80 %. Sur les réseaux sociaux, de nombreux élus du parti ont également rappelé le choix de l’ancien président de Ciudadanos, Albert Rivera, de démissionner après ses mauvais résultats de 2019, indiquant ainsi, indirectement, à Inés Arrimadas la porte de sortie.

« L’aile la plus sociale-démocrate, sociale-libérale et technocrate du parti a été balayée », Pablo Simon, politiste

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