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En Espagne, le nouveau budget ouvre une période de stabilité pour le gouvernement de gauche

Le premier ministre espagnol, Pedro Sanchez, lors d’une conférence de presse à Bruxelles, le 10 décembre.

« L’Espagne dispose enfin du budget dont elle a besoin : les comptes les plus sociaux de l’histoire pour surmonter la pire crise en un siècle. » Le président du gouvernement espagnol, le socialiste Pedro Sanchez, n’a pas caché sa satisfaction, mardi 22 décembre, alors que la loi de finances 2021 venait d’être définitivement approuvée au Sénat. Et pour cause. Non seulement ce vote permet enfin de doter le royaume d’un nouveau budget, après deux prolongations successives de la loi de finances de 2018, laquelle avait été élaborée par le précédent gouvernement conservateur de Mariano Rajoy. Mais il devrait ainsi mettre fin à une longue période d’instabilité en Espagne. En cinq ans, le pays a vu se succéder quatre élections législatives et un changement de gouvernement par le biais une motion de défiance.

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L’approbation du budget devrait permettre au fragile gouvernement de coalition entre le Parti socialiste ouvrier espagnol et Unidas Podemos (gauche radicale), qui ne rassemble que 155 des 350 députés au Parlement, de mener la législature proche de son terme, en 2023. Lorsqu’il est arrivé au pouvoir, en janvier 2020, cette perspective était loin d’être gagnée.

« Il a passé l’épreuve du feu, résume le politoliste Pablo Simon, professeur à l’université Carlos III. Non seulement il a approuvé le budget, mais aussi la loi d’éducation et celle sur l’euthanasie. Il a renforcé sa majorité d’investiture et démontré qu’il n’y a pas d’alternative : tant que l’extrême droite se trouve à un niveau aussi élevé [52 députés, 15 % des voix], la droite se trouve face à un problème structurel qui l’empêche de revenir au gouvernement. »

Le soutien de onze partis hétérogènes

Provocateur, le leader de Podemos et vice-président second du gouvernement, Pablo Iglesias, s’en était vanté, début décembre, à la tribune du Parlement, lançant en direction des rangs conservateurs : « Vous aurez un gouvernement social communiste pour longtemps. » Une référence au qualificatif utilisé par le Parti populaire (PP, droite) et Vox (extrême droite), dans un climat de polarisation politique exacerbée.

Pour compléter sa majorité relative au Parlement, l’exécutif n’en avait pas moins lésiné sur les négociations, ce qui lui a permis de compter sur le soutien de onze partis hétérogènes : des nationalistes modérés basques (PNV, centre droit) aux indépendantistes de la Gauche républicaine de Catalogne, en passant par de petites formations régionalistes ou encore les séparatistes basques de Bildu, héritiers des vitrines politiques du groupe terroriste ETA et jusque-là considérés comme des parias sur la scène politique nationale. Malgré les vives polémiques qui ont accompagné le choix de ces partenaires et ont poussé Ciudadanos (libéraux) à se retirer des négociations, le gouvernement a ainsi pu compter, le 3 décembre, sur 187 voix pour et 153 contre au Congrès des députés.

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