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En Equateur, le feuilleton électoral se poursuit

Les candidats Yaku Perez et Guillermo Lasso (en arrière-plan) organisent une action devant le bureau de la Commission électorale nationale pour demander un recomptage des élections de dimanche, le 12 février 2021 à Quito.

Le feuilleton électoral équatorien continue. Neuf jours après le premier tour de l’élection présidentielle, les Equatoriens ignorent qui de l’ex-banquier Guillermo Lasso ou du dirigeant indien Yaku Perez disputera le 11 avril le second tour contre l’économiste Andres Arauz, dauphin de l’ancien président socialiste Rafael Correa (2007-2017). Condamné pour corruption, M. Correa, qui vit exilé en Belgique, n’a pu être candidat à la vice-présidence comme il l’aurait souhaité.

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Le procureur général colombien, Francisco Barbosa, est venu ajouter à la confusion du moment. Le chef du parquet du pays voisin a personnellement fait le voyage de Bogota à Quito, vendredi 12 février, pour apporter à son homologue équatorienne, Diana Salazar, des documents trouvés dans l’ordinateur d’un chef guérillero ­tué par l’armée en octobre 2020. Selon l’hebdomadaire Semana, ces documents prouveraient que la guérilla colombienne de l’Armée de libération nationale (ELN) aurait financé à hauteur de 80 000 dollars la campagne de M. Arauz. Des deux côtés de la frontière, le voyage de M. Barbosa a été perçu comme « très politique ». M. Barbosa est un ami de longue date du très à droite président colombien, Ivan Duque.

Atermoiements

M. Arauz est arrivé en tête du premier tour avec 32,71 % des voix. Les résultats officiels donnent un très léger avantage au candidat Guillermo Lasso (19,74 %) sur Yaku Perez (19,38 %), qui les conteste. Sous l’égide du Conseil national électoral (CNE), les deux hommes avaient accepté le principe d’un recompte partiel des voix dans 17 des 24 provinces du pays, avant que M. Lasso se rétracte. Alors que l’opération qui concerne près de la moitié des bulletins s’annonce dispendieuse, le CNE tarde à en fixer les modalités.

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Lundi, la mission d’observation électorale de l’Organisation des Etats américains a manifesté son « inquiétude » face à l’incertitude qui dure, en rappelant que les autorités électorales doivent offrir des « garanties de sécurité et de transparence à toutes les forces politiques » et que le calendrier électoral doit être respecté. Les atermoiements du CNE minent la confiance dans le système électoral. « Celui-ci a pourtant bien fonctionné », note un observateur international.

Candidat du parti indien Pachakutik et écologiste engagé, Yaku Perez est convaincu qu’il y a eu « une fraude massive ». Sa base aussi. Lundi, la Confédération des peuples de nationalité kichwa (Ecuarunari) a appelé ses membres à se mobiliser et à se rendre à Quito pour surveiller le CNE et ses décisions.

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