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En Corse, le plan d’investissement de l’Etat provoque de nouvelles tensions politiques

La ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, et le préfet de région, Pascal Lelarge, à Ajaccio, le 27 avril.

La scène se déroule dans la salle de conférence d’un grand hôtel de luxe aux abords d’Ajaccio, mardi 27 avril en fin de matinée. Face à une trentaine de professionnels du secteur du tourisme corse, siègent côte à côte la ministre de la cohésion des territoires, Jacqueline Gourault, le secrétaire d’Etat chargé du tourisme, Jean-Baptiste Lemoyne, le préfet de région, Pascal Lelarge, et le président du conseil exécutif de la Collectivité de Corse, le nationaliste Gilles Simeoni.

A l’issue de la présentation de la feuille de route territoriale pour la relance du tourisme en Corse, que tous quatre s’apprêtent à signer, ce dernier tient à remercier les ministres et les services de l’Etat du « travail accompli ensemble, un travail considérable et de qualité ». « J’ai conscience des efforts qui ont été déployés par l’Etat, personne ne songe à en relativiser l’ampleur », ajoute-t-il. Et de conclure à l’adresse de Mme Gourault, avec qui il s’était entretenu la veille en privé : « Hier, nous avons avancé ensemble sur la nécessité de travailler de manière concertée. Je vous en remercie. » Quel changement de ton de la part de celui qui, quelques jours avant ce déplacement ministériel, s’en prenait à l’Etat et à son représentant en clamant : « Le temps des colonies, c’est fini ! »

La venue sur l’île de Mme Gourault, la « madame Corse » du gouvernement, ne se présentait pas sous les meilleurs auspices. Les derniers mois ont été marqués par une série d’échanges peu amènes entre l’Etat et les nationalistes corses. De la fin de non-recevoir opposée au plan de relance « Salvezza è rilanciu » adopté fin novembre 2020 par l’Assemblée de Corse au refus de lever le statut de détenus particulièrement surveillés de deux des membres du commando ayant assassiné le préfet Claude Erignac en 1998, les points de friction n’ont pas manqué.

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La mise en œuvre du plan de transformation et d’investissement en Corse – estimé à 500 millions d’euros sur cinq ans –, venant en relais du programme exceptionnel d’investissement institué en 2002 qui a pris fin le 31 décembre 2020, a fait surgir de nouveaux contentieux. Principal grief des dirigeants nationalistes : l’Etat, en conventionnant directement avec les principales agglomérations insulaires, tenterait de contourner la Collectivité de Corse. A l’avant-veille de la venue de Mme Gourault, M. Simeoni dénonçait dans Corse-Matin « un bouleversement total de l’équilibre des pouvoirs en Corse ». « Nous sommes confrontés à un gros problème de méthode sur le [plan de transformation et d’investissement en Corse] avec le préfet Pascal Lelarge », ajoutait-il.

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