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En Birmanie, le chef du nouveau régime met en garde les grévistes

Des membres de la communauté birmane à Taipei manifestent contre le coup d’Etat militaire, le 6 février 2021.

Alors que se poursuivent les arrestations des opposants au coup d’Etat, le chef du régime militaire birman, le général Min Aung Hlaing, a mis en garde, jeudi 11 février, les fonctionnaires et employés des services publics qui se sont joints aux manifestations monstres organisées dans tout le pays depuis plusieurs jours.

« Ceux qui se sont éloignés de leurs tâches sont invités à retourner au travail immédiatement dans l’intérêt du pays », a-t-il déclaré, enjoignant aux grévistes de « ne pas succomber à leurs émotions ». Le général a également qualifié de « personnes sans scrupule » celles qui ont osé se joindre à ce mouvement de désobéissance civile risquant, à terme, de paralyser la nation. En termes feutrés, l’« invitation » est une menace directe dans le climat d’insurrection générale pacifique qui prévaut au Myanmar : que se passera-t-il si ces travailleurs ne retournent pas au travail ? S’ils continuent à défier une armée qui, dans le passé, n’a pas hésité à tirer sur les manifestants, faisant plusieurs milliers de morts ?

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Plus de 200 adversaires des militaires et proches d’Aung San Suu Kyi, toujours assignée à résidence dans la capitale, Naypyidaw, ont été arrêtés depuis le coup d’Etat du 1er février. La répression se poursuit : l’ancien bras droit de l’ex-dirigeante, Kyaw Tint Swe, qui avait rang de ministre, a été appréhendé à son domicile dans la nuit de mercredi à jeudi. Deux membres importants de la Ligue nationale pour la démocratie (NLD), le parti d’« ASSK », ont également été arrêtés le même jour.

Le fait que les autorités aient annoncé dans la foulée la libération de quelque 23 000 prisonniers n’est pas sans ironie : le pardon accordé à ces détenus est une mesure de clémence classique, qui a souvent lieu à certaines dates importantes du calendrier. Le vendredi 12 février est la date anniversaire d’un accord interethnique, signé en 1947, avant l’indépendance, et qui avait pour but – manqué – l’« unification » du pays. Cette amnistie est en fait destinée à désengorger les prisons surpeuplées et ne constitue pas un geste de clémence particulier.

Détermination « ahurissante »

La colère des Birmans ne faiblit pas : des foules de gens continuent de défiler dans de nombreuses villes du pays, avec, parmi eux, des soignants, des professeurs, des fonctionnaires des chemins de fer, des employés du secteur de l’approvisionnement électrique. Un mouvement dont l’ampleur ne peut que susciter l’inquiétude du général Min.

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