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En Algérie, premières libérations de militants du Hirak, après une grâce présidentielle

Devant la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger, militants, journalistes et familles se sont réunis vendredi matin pour attendre les personnes libérées.

Une dizaine de prisonniers, militants du Hirak, ont été libérés, vendredi 19 février, après une grâce accordée par le président algérien, Abdelmadjid Tebboune, à la veille du deuxième anniversaire du soulèvement. Le Comité national de libération des détenus (CNLD) a fait part sur Facebook de la libération de ces prisonniers. D’autres sont attendues dans la journée.

Selon le militant Zaki Hannache, engagé dans la défense des prisonniers d’opinion, ces libérations ont notamment eu lieu dans les wilayas (préfectures) de Bordj Bou Arreridj, Tebessa, M’sila (est), Saïda (ouest), ainsi que dans le Sud, à Tamanrasset et Adrar.

Lire aussi l’analyse : En Algérie, le président Tebboune tente de reprendre la main après trois mois d’absence

Jeudi, dans un discours à la nation très attendu, M. Tebboune a annoncé une grâce présidentielle en faveur de dizaines de détenus du Hirak, un geste d’apaisement à l’égard du mouvement de protestation antirégime. « En tout, entre 55 et 60 personnes rejoindront leurs familles à partir de ce soir ou demain », a-t-il promis, sans toutefois divulguer de noms.

Un tweet de la présidence algérienne a précisé que la mesure concernait les « auteurs de crimes liés aux technologies de l’information et de la communication ».

Appels à manifester

Selon le CNLD, quelque 70 personnes sont actuellement en prison pour une raison en lien avec le Hirak et/ou les libertés individuelles. Des poursuites fondées dans au moins 90 % des cas sur des publications critiques envers les autorités sur les réseaux sociaux.

Devant la prison de Koléa, à l’ouest d’Alger, militants, journalistes et familles se sont réunis vendredi matin pour attendre les personnes qui ont été libérées. Parmi les prisonniers de Koléa figure le journaliste Khaled Drareni, devenu le symbole du combat pour la liberté de la presse en Algérie, condamné à deux ans de prison en septembre.

L’initiative du président Tebboune survient à la veille du deuxième anniversaire du Hirak, le 22 février 2019, qui a forcé l’ex-homme fort du pays, Abdelaziz Bouteflika, à quitter le pouvoir en avril 2019. Le mouvement continue d’exiger le démantèlement du « système » politique en place depuis l’indépendance de l’Algérie, en 1962.

Des appels à manifester lundi dans tout le pays circulent sur les réseaux sociaux. Des milliers d’Algériens s’étaient déjà rassemblés mardi à Kherrata (est), considérée comme le berceau du soulèvement, pour réclamer « la chute du régime » et « la libération des détenus d’opinion ».

Lire aussi la synthèse : Que reste-t-il du mouvement de contestation en Algérie, deux ans après sa naissance ?

Le Monde avec AFP

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