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Elections régionales : nouvelle polémique autour du candidat RN Julien Odoul

Julien Odoul, tête de liste RN aux élections régionales en Bourgogne-Franche-Comté, devant l’usine General Electric, à Belfort, mercredi 2 juin.

En Bourgogne-Franche-Comté, la campagne de Julien Odoul, candidat du Rassemblement national à l’élection régionale, vire au parcours du combattant. Sans cesse, de nouvelles mines sont posées sur son chemin par des élus de son parti, désireux de solder les comptes d’un mandat qui s’est achevé dans la haine à l’extrême droite. Après le rappel, par Le Canard enchaîné, de la vidéo érotique réalisée dans sa jeunesse, puis la divulgation, jeudi 3 juin, par Libération, d’un enregistrement clandestin de propos douteux sur les suicides d’éleveurs, c’est un signalement adressé, vendredi 4 juin, par trois des conseillers régionaux sortants de son groupe au procureur de la République de Dijon qui l’accuse, implicitement, d’avoir employé de façon fictive une collaboratrice.

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Empêcher M. Odoul, que l’institut OpinionWay crédite de 30 % d’intentions de vote au premier tour de l’élection, de l’emporter à la faveur d’une quadrangulaire, ou d’accéder à la présidence et de former un exécutif en cas de victoire, c’est l’objectif que se sont fixé ces élus du RN, avec un « planning d’actions précis », admettent-ils. Parmi eux, un seul est présent sur la liste de l’ancien conseiller spécial de Marine Le Pen : Franck Gaillard, maire de Chaume-et-Courchamp (Côte-d’Or), dont l’unique acte de campagne a été d’annoncer sur son compte Facebook que, mécontent de la neuvième place qui lui avait été accordée, il ne voterait pas pour la liste de M. Odoul et invitait chacun à faire de même.

« Est-ce que la corde est française ? »

La dernière dénonciation en date, celle de l’emploi fictif d’une ancienne Miss Elégance Bourgogne, âgée de 25 ans, plus tard correspondante de presse en Saône-et-Loire, est imprécise. Les signataires du courrier au parquet dijonnais s’étonnent qu’elle évoque, dans une déclaration à Libération, ses présences dans les bureaux de la région alors qu’ils ne l’y ont jamais vue. Ils pointent aussi un décalage de deux mois entre sa date d’embauche et sa prise de fonctions, telle qu’ils assurent l’avoir constatée. Mais elle était chargée par le président du groupe des relations avec les médias et, de septembre 2020 à janvier, des journalistes qui suivent l’actualité politique du conseil régional attestent avoir eu des contacts réguliers avec elle par SMS, courriels ou téléphone dans une période où le télétravail était de mise.

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L’offensive la plus embarrassante pour M. Odoul porte sur les plaisanteries sur des suicides d’éleveurs, proférées lors d’une réunion interne en 2019, tandis que la protection du monde rural est au cœur de son projet. L’extrait de l’enregistrement, d’une vingtaine de secondes, est d’une qualité médiocre qui le rend partiellement inaudible. Mais il est suffisant pour qu’on identifie les voix de M. Odoul et de Jacques Ricciardetti, vice-président du groupe. Il y est question du bien-être animal, qui ne doit par faire oublier le bien-être de l’éleveur, selon un intervenant. Après un brouhaha confus, on entend M. Ricciardetti : « … de l’agriculteur qui se pend au faîtage de son hangar. Doit-il y avoir une trace ? S’est-il pissé dessus ? » Ensuite, M. Odoul : « Est-ce que la corde est française ? » Le tout, sur fond de rires.

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