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Elections régionales et départementales : Le ralliement de responsables de l’UNSA au RN crée des tensions

Le ralliement de deux responsables de l’Union nationale des syndicats autonomes (UNSA) au Rassemblement national pour les élections régionales et départementales a provoqué des remous. Dans un discours prononcé, le 21 mai, devant le conseil national du syndicat, son secrétaire général, Laurent Escure, a fustigé le parti d’extrême droite tout en s’en prenant à plusieurs confédérations de salariés.

Stéphane Blanchon, ex-numéro un de l’UNSA santé et cohésion sociale et candidat aux régionales en Auvergne-Rhône-Alpes, et son homologue de l’UNSA-Finances, Luc Doumont, qui se présente aux départementales dans les Hauts-de-Seine, sont des « opportunistes camouflés », a fustigé M. Escure dans cette prise de parole qui se déroulait en vidéoconférence et dont un enregistrement a été envoyé à la presse. « Ça en dit long sur la banalisation » du parti de Marine Le Pen qui reste pour M. Escure « incompatible avec les valeurs syndicales » de l’UNSA.

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Selon le dirigeant, le RN est « l’ennemi des libertés » : « Il n’a pas varié depuis sa création dans sa volonté de détruire le syndicalisme tel que nous le connaissons pour le remplacer par des syndicats à la botte d’un pouvoir qu’ils peuvent conquérir. » Une procédure d’exclusion a donc été engagée contre MM. Blanchon et Doumont.

« La diabolisation, ça ne marche pas »

Plus surprenant, M. Escure a commenté l’attitude d’autres organisations face à l’extrême droite. La CFDT et la CGT ont semblé trouver grâce à ses yeux, même si les dirigeants de ces deux centrales font « le ménage comme ils peuvent ». Il s’est montré plus âpre à l’égard de FO en observant que celle-ci se réfugie « derrière une forme de neutralité politique » qui est « hypocrite ». Et il a réservé ses critiques les plus dures à la CFE-CGC et à la CFTC dont une partie des troupes serait « minée » par le RN. Le président du syndicat des cadres, François Hommeril, tiendrait même « des discours crypto-mélenchoniens » qui pourraient « tout à fait être compatibles avec des discours populistes de droite ».

« Il a eu un coup de fatigue », réagit M. Hommeril, en laissant entendre que l’intervention du leader de l’UNSA ne l’émeut guère. Sur le fond, il observe que « personne n’est épargné » par la diffusion des idées du RN. Cyril Chabanier, le numéro un de la CFTC, considère, lui, que son organisation est victime d’un mauvais procès, qui tient notamment au fait qu’elle ne s’était pas associée, il y a une dizaine années, à un texte intersyndical contre le parti de Mme Le Pen. « La diabolisation, ça ne marche pas », soutient-il, tout en soulignant sa confédération est opposée à toutes les « idées extrêmes ». Adopter un tel positionnement est bien « plus efficace », selon lui. La preuve : les enquêtes d’opinion montrent que « la CFTC est loin d’être le syndicat qui compte le plus d’électeurs du RN ».

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