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Ecartés du calendrier de déconfinement, les gérants de discothèques demandent la poursuite du soutien de l’Etat

La boîte de nuit Le Majestic, à Quimper, le 5 février 2021.

En découvrant les annonces d’Emmanuel Macron sur une levée progressive des restrictions sanitaires, Charles Cimarosti a eu, jeudi 29 avril, la sensation étrange de se prendre « un coup de massue » et de ne même pas s’en étonner. Les discothèques sont exclues du calendrier de réouverture mais le gérant du Pop Art Club de Castres (Tarn) s’y était préparé, par habitude : les établissements de nuit sont fermés sans interruption depuis le 14 mars 2020.

« Je me suis basé psychologiquement sur le calendrier de vaccination, commente le propriétaire de l’établissement, habituellement fréquenté par 800 à 900 personnes chaque samedi soir et que Le Monde avait rencontré en février. Les jeunes seront les derniers, nous aussi. » Avec son équipe, il croit maintenant « dur comme fer » à l’échéance de la rentrée scolaire de septembre pour accueillir à nouveau des clients.

Lire aussi : Deuxième été de fermeture pour les discothèques

Au moins quatre mois d’attente supplémentaire, donc, pour un secteur sous perfusion d’aides publiques, qui suffisent à peine à tenir les professionnels à l’écart du dépôt de bilan. « On va réussir à faire un an et demi sans chiffre d’affaires tout en payant les charges », souligne Sabine Ferrand, à la tête du Tango de Saint-Laurent-Nouan (Loir-et-Cher). Impossible, aujourd’hui, de verser les congés payés de ses salariés, qui ne sont pas pris en charge par l’aide à l’activité partielle. Et l’agacement monte à chaque facture : 3 800 euros de taxe locale d’enlèvement des déchets pour Le Tango en 2020, par exemple, malgré sa fermeture pendant près de dix mois de l’année.

« Si on arrête, on a vraiment tout perdu »

Alors, continuer, ou fermer définitivement et refaire sa vie ? La question traîne dans tous les esprits, mais l’impression d’avoir le choix a tout d’une illusion. « Si on arrête, on a vraiment tout perdu », martèle Sabine Ferrand. Responsable départementale de l’Union des métiers et des industries de l’hôtellerie (UMIH), elle voit le prix des fonds de commerce des boîtes de nuit s’effondrer. Certains loyers ont été suspendus, mais pas annulés : ils devront bien être versés après la crise. L’attention se concentre alors sur les dangers de la période de reprise d’activité, pendant laquelle « les aides doivent êtres maintenues », insiste Charles Cimarosti.

L’UMIH et ses adhérents ont transmis au ministère de l’économie, au mois de mars, un document détaillant, selon eux, les sorties de crise possibles pour les gérants de discothèques : en cas de réouverture, avancent les professionnels, un soutien de l’Etat reste nécessaire pendant plusieurs mois pour assumer de nouveaux investissements (remise aux normes éventuelle, coût du protocole sanitaire, paiement des salaires malgré l’absence de trésorerie). Si le gérant décide d’une fermeture et ne peut pas changer d’activité, la position du syndicat est claire : les fonds de commerce doivent faire l’objet d’une indemnisation.

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