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Du « Yes » au Brexit à l’accord sur les relations commerciales : quatre ans de négociations entre le Royaume-Uni et l’Union européenne

Du référendum de 2016 en faveur du Brexit aux négociations de dernière minute, rappel des principales étapes du divorce mouvementé entre le Royaume-Uni et l’Union européenne (UE).

  • 23 juin 2016 : les Britanniques disent « Yes » au Brexit

Le 23 juin 2016, les Britanniques votent en faveur d’une sortie du Royaume-Uni de l’Union européenne. Le camp du « Leave » l’emporte avec 51,9 %, contre 48,1 % pour le « Remain », pro-européen. Le lendemain, le premier ministre conservateur David Cameron, défenseur du « Remain », démissionne. Il est remplacé par Theresa May, une eurosceptique qui a toutefois voté contre le Brexit.

Lire l’analyse : « Brexit » : le pari perdu de « lucky Dave »

Le 29 mars 2017, Theresa May active l’article 50 du traité de Lisbonne, qui prévoit une « clause de retrait » de l’Union d’un Etat membre. Elle enclenche ainsi le processus de sortie de l’UE, censé alors aboutir deux ans plus tard.

Pour asseoir son autorité, Mme May convoque des législatives anticipées. Elle perd sa majorité le 8 juin, ce qui la contraint à s’allier avec le petit parti unioniste nord-irlandais ultraconservateur DUP.

  • 13 novembre 2018 : un premier accord, qui ne convainc pas les députés britanniques

Le 13 novembre 2018, les négociateurs britanniques et européens concluent un accord de sortie, approuvé le 25 novembre lors d’un sommet européen extraordinaire.

Au Royaume-Uni, les réactions au contenu de l’accord ne font que confirmer l’impasse dans laquelle se trouve Theresa May. Un point, notamment, cristallise les oppositions : les dispositions concernant l’Irlande, et en particulier le filet de sécurité, ou backstop. Si elles permettent de garantir la fluidité des échanges de part et d’autre de la frontière insulaire, et donc la paix, pour les plus radicaux des europhobes elles font planer le risque d’un fil à la patte qui relierait le Royaume-Uni pour une durée indéterminée à l’Union.

(Re)lire la chronologie : Brexit : le bilan de Theresa May en cinq dates

Trois fois de suite (le 15 janvier 2019, le 12 mars et le 29 mars), les députés britanniques rejettent l’accord. Le Brexit est reporté au 22 mars, puis au 31 octobre. Theresa May est contrainte d’organiser les élections européennes le 23 mai. Le lendemain, elle annonce qu’elle démissionnera le 7 juin.

  • 23 juillet 2019 : Boris Johnson aux manettes

Le 23 juillet 2019, Boris Johnson, partisan d’un Brexit au 31 octobre avec ou sans accord, est désigné par le Parti conservateur pour succéder à Theresa May.

Le 17 octobre, l’UE et le Royaume-Uni annoncent être parvenus à un nouvel accord. Le 22 octobre, le Parlement britannique entérine le principe du nouvel accord, mais vote contre son examen en accéléré. Boris Johnson convoque des élections législatives anticipées afin de sortir de l’impasse. Le 28 octobre, les 27 accordent au Royaume-Uni un report jusqu’au 31 janvier 2020.

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  • 31 janvier 2020 : les Britanniques quittent officiellement l’UE

Le 12 décembre 2019, le Parti conservateur de Boris Johnson remporte haut la main les élections législatives, avec une majorité, inédite depuis Margaret Thatcher, de 365 députés sur 650.

Son accord de Brexit est approuvé par la Chambre des communes renouvelée le 9 janvier 2020. Le texte est ratifié le 29 janvier par le Parlement européen.

Le 31 janvier, les Britanniques quittent formellement l’UE. Ils entrent dans une période de transition jusqu’au 31 décembre 2020, pendant laquelle ils continuent d’appliquer les normes de l’Union.

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  • Mars 2020 : début des longues négociations post-Brexit

Au début de mars 2020, l’UE et le Royaume-Uni entament les négociations sur leur future relation commerciale et sécuritaire, avec l’objectif d’arriver à un accord de libre-échange sans quotas ni droits de douane. Perturbés par la pandémie de Covid-19, les pourparlers butent notamment sur la pêche et les conditions de concurrence équitable.

Décryptage : Brexit : la querelle sur la pêche bloque les négociations entre Londres et Bruxelles

Le 9 septembre, le gouvernement britannique annonce son intention de revenir sur certains de ses engagements concernant l’Irlande du Nord pris au moment du Brexit. Il reconnaît qu’il s’agit d’une violation du droit international. Le 1er octobre, l’UE déclenche une procédure d’infraction.

  • Dernière ligne droite

Le 15 octobre 2020, les Vingt-Sept demandent à Londres de faire des concessions pour arriver à un accord commercial. Boris Johnson, qui avait fait de cette échéance une date butoir, décrète les négociations terminées et demande aux Britanniques de se préparer à un « no deal ».

Après une semaine d’impasse, le négociateur européen Michel Barnier déclare que les deux parties devront faire des compromis et assure qu’un accord respectera la souveraineté britannique.

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Les discussions reprennent le 22 octobre de manière intensive. Censées se terminer avant novembre pour qu’il soit possible d’appliquer un éventuel texte à temps, elles ne cessent d’être prolongées.

Le 8 décembre, Londres et Bruxelles annoncent un accord sur l’application des dispositions douanières et fiscales spéciales pour l’Irlande du Nord. Le gouvernement britannique retire les articles de sa loi contestés par l’UE.

Le lendemain, Boris Johnson se rend à Bruxelles pour un dîner avec la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, rencontre qui s’achève sur un nouveau constat de divergences.

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  • 24 décembre 2020 : un accord de dernière minute ?

A la veille de Noël, à l’issue d’une ultime nuit de pourparlers, Boris Johnson et Ursula von der Leyen devaient s’entretenir par visioconférence, dans l’espoir d’arracher un compromis.

Des désaccords importants ont subsisté jusqu’au dernier moment, notamment concernant le partage des quelque 650 millions d’euros de produits pêchés chaque année par l’UE dans les eaux britanniques. L’Europe avait proposé de diminuer de 25 % ses prises dans les eaux britanniques sur une période de six ans – une offre jusqu’alors jugée insuffisante par le Royaume-Uni.

Le Monde avec AFP

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