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Dissous en France, le CCIF est soupçonné de vouloir renaître en Belgique

Des parlementaires belges s’inquiètent de l’installation, dans leur pays, d’une organisation, le Collectif contre l’islamophobie en Europe (CCIE) qui ne serait, à leurs yeux, qu’une renaissance sous une autre forme du Collectif contre l’islamophobie en France (CCIF), mis notamment en cause après la décapitation de Samuel Paty, le 16 octobre 2020, à Conflans-Sainte-Honorine (Yvelines).

Le CCIF s’est autodissous le 29 octobre, avant la parution, le 2 décembre, d’un décret qui l’accusait notamment d’accréditer « un soupçon permanent de persécution religieuse de nature à attiser la haine, la violence ou la discrimination ». Le 31 janvier, ses dirigeants ont déposé au Conseil d’Etat un recours pour excès de pouvoir demandant l’annulation du décret de dissolution.

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C’est dès novembre 2020, toutefois, que deux ressortissants français ont déposé, à Bruxelles, des documents en vue de la constitution d’une association baptisée Agir défendre contre le racisme et l’islamophobie-CCIE. Son but serait de « lutter partout, par tous les moyens légaux, afin de promouvoir le respect des droits de l’homme ». Présenté comme « démocratique et transparent », le CCIE annonce la publication de rapports scientifiques, entend œuvrer à l’amélioration des législations et réfute toute affiliation « partisane, confessionnelle ou philosophique ».

Le 9 février, sur Facebook, le CCIF prévenait ses abonnés qu’il était en cours de liquidation et annonçait le transfert de ses actifs et moyens à « d’autres associations, dont le CCIE ».

Pas d’interdiction « automatique »

Mais cette installation commence à faire des remous. « Je considère qu’il est extrêmement dangereux de laisser une telle organisation s’implanter en Belgique compte tenu des agissements de ses membres en France », affirme le député et ancien ministre Denis Ducarme, membre du Mouvement réformateur (MR, libéral). Il entend, dit-il, interpeller rapidement la ministre de l’Intérieur, Annelies Verlinden, pour lui demander si elle s’est entretenue avec son homologue français, Gérald Darmanin, afin d’évaluer « le risque » que pourrait représenter le CCIE.

Le député va, par ailleurs, demander au ministre de la justice, Vincent Van Quickenborne, s’il compte engager une action pour obtenir la dissolution de l’association. En Belgique, le gouvernement ne dispose pas de ce pouvoir et doit obtenir la décision d’un juge. Le magistrat peut prononcer la dissolution s’il estime qu’une association a été créée dans le but d’exercer des activités punissables ou contraires à l’ordre public, une notion que le droit belge caractérise par « la paix, la sécurité publique et la sûreté ».

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