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Diffusion de photos d’exactions de l’Etat islamique : Marine Le Pen et Gilbert Collard relaxés

Marine Le Pen et Gilbert Collard, en juin 2017 à l’Assemblée nationale.

Elle avait dénoncé « un procès politique » contre son mouvement. La présidente du Rassemblement national, Marine Le Pen, et le député Gilbert Collard ont été relaxés, mardi 4 mai, dans l’affaire de la publication sur les réseaux sociaux de photos d’exactions commises par le groupe Etat islamique, en décembre 2015.

« Que la justice est grande quand elle est indépendante », a réagi Gilbert Collard sur son compte Twitter.

Absents lors du prononcé du jugement par le tribunal correctionnel de Nanterre, la présidente du RN et l’eurodéputé étaient jugés pour diffusion de messages violents ou portant gravement atteinte à la dignité humaine, susceptibles d’être vus par un mineur, une infraction passible de trois ans de prison et 75 000 euros d’amende.

Dans des tweets publiés en décembre 2015, quelques semaines à peine après les attentats revendiqués par l’EI à Paris et en Seine-Saint-Denis, Marine Le Pen avait relayé trois photos d’exactions du groupe djihadiste. Elle y avait ajouté les mots : « Daesh, c’est ça ! », en réponse au journaliste Jean-Jacques Bourdin qu’elle accusait d’avoir « comparé » l’EI et le Front national lors d’une émission. Gilbert Collard, alors député du Gard, avait relayé le même jour sur ses comptes Facebook et Twitter la photo d’un homme gisant au sol, le crâne défoncé, avec ce commentaire : « Bourdin compare le FN à Daesh : le poids des mots et le choc des bobos ! ». L’Assemblée nationale avait levé leur immunité parlementaire en septembre 2017.

Marine Le Pen referait la même chose aujourd’hui

A la barre, la leader d’extrême droite s’était défendue en invoquant sa « liberté d’expression et d’information », dénonçant un « procès politique » contre son mouvement. La finaliste à la présidentielle de 2017 avait aussi assuré à la presse qu’elle « republierait » ces images si c’était à refaire. « Estimez-vous que ces photos portent atteinte à la dignité humaine ? », lui avait notamment demandé la présidente de la chambre. « C’est le crime qui porte atteinte à la dignité humaine, ce n’est pas sa reproduction photographique », avait rétorqué Mme Le Pen.

Lors du procès le 10 février, le parquet avait requis 5 000 euros d’amende contre Marine Le Pen et contre Gilbert Collard. Ces derniers « avaient parfaitement le droit de diffuser ces images, le problème est de s’assurer, avant la diffusion, qu’aucun mineur n’est susceptible de voir ou de percevoir ces images », avait expliqué le procureur Jean-Pascal Oualid.

« Aviez-vous conscience qu’un public mineur était susceptible de voir » ces tweets ?, avait repris la présidente. « Je n’ai véritablement pas pensé à ça. J’ai pensé à la liberté qui est la mienne d’expression et d’information », avait assuré la prévenue.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Photos d’exactions de l’EI sur Twitter : Marine Le Pen défend sa « liberté d’expression »

Le Monde avec AFP et Reuters

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