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Des vols pour Belle-Île-en-Mer provoquent la colère en Bretagne

Manifestation à proximité de l’aéroport de Vannes le 15 mai contre la nouvelle ligne aérienne de Finistair qui relie la ville du Morbihan à Belle-Ile-en Mer.

L’information a fuité dans une brève à la fin du mois d’avril. « Finistair crée deux nouvelles lignes aériennes reliant Brest et Vannes à Belle-Ile-en-Mer », titrait Le Télégramme. Trois semaines plus tard, le 15 mai, le premier engin de neuf places décollait du Tarmac vannetais pour ses ­dix-huit minutes de vol (57 km). Quatre-vingts manifestants répondaient présents. Carole Balavoine, de la section locale du collectif Citoyens pour le climat, y était : « Quand j’ai appris la nouvelle, j’ai eu les larmes aux yeux, relate-t-elle, c’est quand même une décision qui ne reflète pas l’intérêt général, mais les intérêts particuliers d’un public très favorisé ! »

Deux jours de rotations, les samedis et les lundis, pour un tarif de 99 euros le vol. Rachetée en 2020 par Charles Cabillic, cofondateur du réseau social de voisinage AlloVoisins, la petite compagnie proposait déjà des vols courts, de Brest à Ouessant.

Sûr de lui, Charles Cabillic n’y voit pas de quoi s’­indigner et assure que le service s’adresse aux « classes moyennes » : « L’aérien déclenche toujours des réactions passionnées. Pourtant, je suis persuadé qu’il faut utiliser ce type de trajets pour déployer l’aviation décarbonée. » Militant de l’électrique, convaincu que l’avion est un outil pour « désenclaver » les territoires, il s’engage à remplacer les appareils thermiques d’ici à quatre ou cinq ans sur la liaison Vannes – Belle-Ile. C’est peu dire que ses arguments passent mal.

Nouvelle stratégie pour l’aérodrome vannetais

Une pétition – plus de 18 000 signatures au compteur fin mai – demande l’arrêt de la liaison. Selon Claire Desmares-Poirrier, candidate EELV aux régionales pour la liste Bretagne d’avenir, présente à la manifestation pour le premier vol, « ce que soutiennent les promoteurs de cette ligne, c’est un tourisme d’affaires, celui qui a l’empreinte écologique la plus ­élevée ».

« Ça ne fait que deux vols de plus par jour. » David Robo, maire de Vannes

Destination de voyage par excellence, Belle-Ile compte 5 426 habitants à l’année et affiche un taux de 56,8 % de résidences secondaires d’après l’Insee. En 2019, plus de 400 000 visiteurs ont foulé son sol, accessible depuis Quiberon par bateau. Pourquoi ajouter une liaison aérienne ? Marie Delaplace, professeure d’aménagement urbanisme à l’université Gustave-Eiffel, souligne que « le motif touristique justifie souvent le développement aérien. On peut y voir toute la contradiction entre ­toujours plus de tourisme d’un côté et les impacts environnementaux de l’autre ».

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