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Démantèlement de l’opérateur de VPN Safe-Inet, utilisé par des cybercriminels

Les polices européenne et américaine ont annoncé, mardi 22 décembre, le démantèlement d’un important opérateur de réseaux privés virtuels (ou VPN, pour virtual private network, en anglais) : Safe-Inet, présenté comme l’un des « VPN favoris des cybercriminels ».

Les forces de l’ordre, sous le commandement de la police de Reutlingen dans le sud-ouest de l’Allemagne, ont fermé le service Safe-Inet en désactivant ses serveurs et les noms de domaines à partir desquels on pouvait y avoir accès, ont annoncé Europol et la justice américaine dans un communiqué. Des bannières expliquent désormais que les autorités de plusieurs pays vont procéder à « l’analyse des données saisies » et à des « enquêtes internationales sur les opérateurs et les utilisateurs » de Safe-Inet.

La page d’avertissement annonçant la fermeture de Safe-Inet, et de la saisie par les autorités des serveurs du service de VPN, mercredi 23 décembre.

Les VPN sont des outils qui permettent aux internautes de masquer en partie leur identité en ligne : le logiciel donne, entre autres, à un ordinateur ou à un smartphone une autre adresse IP (le numéro d’identification de chaque appareil connecté à un réseau Internet) lors de sessions d’activités en ligne, rendant bien plus compliqué l’identification d’un internaute lorsque c’est nécessaire – par exemple, au cours d’enquêtes des autorités.

Safe-Inet offrait depuis environ dix ans un service de la sorte, qui était utilisé par des criminels pour commettre des attaques et des arnaques informatiques. Les sites spécialisés Zdnet et Bleeping Computer expliquent que les services fournis par Safe-Inet, qui existait depuis une dizaine d’années, étaient promu par des publicités, en langue anglaise ou russe, diffusées sur des forums « underground » fréquentés par des groupes criminels.

250 entreprises victimes d’espionnage

« Safe-Inet était utilisé par certains des plus grands cybercriminels au monde, responsables d’attaques par rançongiciels, de piratage de données de cartes bancaires et d’autres formes de cybercrimes graves », a fait savoir Europol dans son communiqué. « Ce service de VPN a été vendu à un prix élevé au milieu criminel, en tant que l’un des meilleurs outils disponibles permettant d’éviter l’interception des forces de l’ordre et offrant jusqu’à cinq couches de connexions VPN anonymes », selon l’agence européenne de police.

Au cours de cette opération contre ce service, baptisée « Operation Nova » par la justice américaine, les enquêteurs ont également identifié environ 250 entreprises victimes d’espionnage perpétré par des criminels ayant utilisé Safe-Inet. Ces entreprises « ont par la suite été averties d’une attaque imminente par rançongiciels à l’encontre de leurs systèmes, ce qui leur a permis de prendre des mesures pour s’en protéger », assure Europol dans son communiqué.

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Les chefs de la police de Reutlingen et d’Europol, cités dans le communiqué de l’agence européenne de police, ont salué le succès de cette opération, résultat d’une coopération entre les services d’Europol, et ceux de la France, l’Allemagne, la Suisse, les Pays-Bas et les Etats-Unis. « Les résultats indiquent que les forces de l’ordre sont aussi bien connectées que les criminels », s’est félicité le chef de la police de Reutlingen, Udo Vogel.

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Le Monde avec AFP

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