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Dans l’affaire du financement libyen, Ziad Takieddine met de nouveau en cause les juges, qui dénoncent des « affabulations »

Ziad Takieddine est l’un des principaux témoins à charge contre Nicolas Sarkozy dans l’enquête sur des soupçons de financement libyen de la campagne présidentielle de 2007.

Ziad Takieddine persiste. L’homme d’affaires franco-libanais a de nouveau accusé les magistrats de l’avoir incité à mettre en cause Nicolas Sarkozy dans l’enquête sur le financement libyen de la campagne de 2007 de l’ancien président.

Dans une déposition rédigée le 12 décembre à Beyrouth, au Liban, et révélée par Paris Match et BFM-TV, l’intermédiaire affirme avoir été « manipulé par des juges qui ne veulent pas connaître la vérité mais qui veulent détruire un ancien président ».

« Les juges m’avaient fait des promesses en échange de déclarations erronées et à charge contre Nicolas Sarkozy et j’ai accepté », assure dans cette déposition celui qui a multiplié les revirements spectaculaires depuis le lancement de cette enquête en 2013, dans laquelle il est mis en examen. Selon lui, les juges lui auraient notamment fait miroiter, lors de rencontres officieuses, l’assurance de « sortir la tête haute » dans l’affaire de Karachi, qui lui a valu une condamnation à cinq ans de prison en juin à laquelle il s’est soustrait en fuyant au Liban.

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« Il n’y a jamais eu le moindre accord »

Ces nouvelles accusations sont « de pures affabulations », a réagi auprès de l’Agence France-presse (AFP) l’ancien juge Renaud Van Ruymbeke, qui a instruit l’affaire de Karachi portant sur des commissions occultes liées à des contrats d’armement avec l’Arabie saoudite et le Pakistan. « Il n’y a jamais eu le moindre accord (…) pour négocier une peine dans l’affaire de Karachi en échange d’aveux » dans le dossier libyen, a-t-il ajouté.

De son côté, le juge Serge Tournaire, qui a instruit le dossier libyen jusqu’en 2019, « conteste fermement l’intégralité des déclarations de M. Ziad Takieddine », a déclaré à l’AFP Catherine Pautrat, présidente du tribunal judiciaire de Nanterre, dont M. Tournaire est premier vice-président chargé de l’instruction.

Le juge Tournaire « tient à préciser que les seules rencontres avec l’intéressé se sont déroulées dans son bureau au tribunal judiciaire de Paris, dans le cadre d’interrogatoires en présence de son avocat, de collègues cosaisis et de son greffier », a précisé Mme Pautrat. « Aucune discussion n’a eu lieu, et a fortiori aucun accord n’a été pris avec M. Ziad Takieddine », a-t-elle ajouté.

Le Parquet national financier a rapporté à l’AFP qu’il avait été « destinataire » de la déposition de M. Takieddine, « mais [qu’il] n’entend pas faire de commentaire à ce stade ».

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Le Monde avec AFP

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