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« Craquer n’est pas possible » : les familles monoparentales en première ligne de la crise sociale et sanitaire

Tamara élève seule ses trois enfants : Léo, 14 ans, Noan, 10 ans, et Rose, 2 ans, chez elle, à Soustons (Landes), le 13 avril.

Un an après le début de la crise sanitaire, les parents de jeunes enfants continuent de payer un lourd tribut, surtout lorsque les écoles sont fermées. La tâche est encore plus difficile pour les nombreux « parents solos » – les familles monoparentales représentaient une famille sur cinq en France en 2018 – qui portent toutes les responsabilités du foyer sur les épaules. Il s’agit, dans la majorité des situations, de femmes seules avec enfants (entre 82 % et 85 % des cas, selon que l’on considère les enfants jusqu’à 18 ou 25 ans), dont les charges domestique et mentale se sont accrues avec les inquiétudes et restrictions liées à la pandémie de Covid-19. « La gestion de la parenté devient compliquée avec un revenu unique, car elle ajoute de l’incertitude dans une société déjà précaire et qui précarise encore plus les femmes », analyse Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités.

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Pour certaines mères isolées, la perte de revenus liée à la mise en chômage partiel (seulement 84 % du salaire net) a été dramatique. Et pour celles qui ont continué à travailler, la garde des enfants a souvent été une source importante de stress et de défis logistiques. Sans compter que la fermeture des cantines scolaires a entraîné une hausse du budget consacré à l’alimentation, conduisant des familles à recourir aux distributions alimentaires, voire à sauter des repas.

Logements surpeuplés

Au sein des familles monoparentales, ces problèmes sont venus s’ajouter à une liste souvent déjà longue de difficultés. En 2019, 35,4 % des enfants vivant en famille monoparentale avaient un parent au chômage, contre 8,9 % dans les familles recomposées et 5,9 % en familles « traditionnelles ». Ces conditions se reflètent dans le taux de pauvreté calculé en 2017 par l’Observatoire des inégalités : il s’élevait à 18 % pour les familles monoparentales, contre seulement 7 % pour les couples avec enfants. Autre donnée cruciale en temps de confinement : 23 % des familles monoparentales vivent dans des logements surpeuplés, contre 10 % des familles traditionnelles, selon une étude de l’Insee en 2018.

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Sans surprise, ces conditions dégradées ont eu des effets immédiats : les enfants de familles monoparentales ont rencontré davantage de difficultés socio-émotionnelles et de problèmes de sommeil pendant le premier confinement, selon l’enquête Sapris, publiée en janvier.

Dans ces circonstances exceptionnelles, les familles monoparentales ont, par ailleurs, fait davantage appel à l’entraide et à la solidarité familiale. « Elles ont été deux fois plus nombreuses que la moyenne à changer de domicile en mars 2020 (pour rejoindre les grands-parents en majorité) », note ainsi Xavier Thierry, chercheur à l’Institut national d’études démographiques. Les cellules familiales, valeur refuge, se sont de fait encore resserrées pendant cette période anxiogène, pour le pire mais aussi parfois pour le meilleur.

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