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Covid-19 : Une vaccination à domicile complexe à mettre en place

Dans une clinique d’Aulnay-sous bois, le 13 janvier 2021.

Les quelque 5 millions de Français âgés de plus de 75 ans vivant chez eux qui sont appelés à être vaccinés à compter du 18 janvier ne sont pas tous en mesure de se déplacer jusqu’aux centres prévus à cet effet. Si une vaccination à domicile devrait à terme être mise en place, ses modalités restent à définir. Principale contrainte : les caractéristiques de conservation des deux vaccins pour l’instant autorisés. Celui de Pfizer est conditionné en flacon de cinq doses à utiliser dans les six heures après ouverture, celui de Moderna contient dix doses. « Techniquement, ça paraît compliqué de le délivrer à domicile », estime Catherine Kirnidis, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux.

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« Le sujet est en cours d’instruction, mais la vaccination à domicile n’est aujourd’hui pas proposée dans la mesure où les caractéristiques des vaccins actuellement disponibles ne sont pas adaptées à une telle distribution », confirme-t-on à la direction générale de la santé, qui doit mener en fin de semaine des réunions à ce sujet avec la Caisse nationale d’Assurance-maladie et les représentants des professionnels de santé.

A raison d’une visite d’une demi-heure anticipée par personne vaccinée, qui doit rester en observation quinze minutes après l’injection, la vaccination à domicile s’avère donc complexe tant que la France ne dispose que des vaccins de Pfizer-BioNtech et de Moderna. « Il faut attendre que le processus se simplifie avec l’arrivée d’AstraZeneca, un vaccin plus manipulable [il peut être conservé dans des conditions réfrigérées classiques entre 2 °C et 8 °C pendant au moins six mois] », estime Patrick Chamboredon, président de l’Ordre national des infirmiers. La décision de l’Agence européenne des médicaments sur le vaccin d’AstraZeneca est attendue avant la fin janvier.

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« Bus de vaccination »

Si la vaccination à domicile concernera les patients âgés trop fragiles pour se déplacer, M. Chamboredon souligne aussi le cas « des patients de 75 ans et plus qui vivent dans des régions rurales », loin de centres de vaccination. Le ministère de la santé précise que les collectivités locales pourront proposer « des solutions les plus adaptées pour vacciner les personnes âgées isolées. Des équipes mobiles, des bus de vaccination, etc., peuvent être envisagés ».

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Les médecins traitants seront invités à repérer dans leur patientèle celles et ceux susceptibles de devoir se faire vacciner à leur domicile afin d’établir des listes. La proportion des plus de 75 ans concernés par une telle mesure reste difficile à évaluer. Devraient a priori être mobilisés à la fois les médecins et les infirmiers libéraux. « Il serait plus efficace de faire ces tournées à deux : l’infirmière pique, le médecin saisit les données, cela permettrait aussi de mieux surveiller les patients », argumente Jacques Battistoni, président de MG France, premier syndicat chez les généralistes.

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