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Covid-19 : un confinement instauré le week-end à Nice et sur le littoral des Alpes-Maritimes

Confinement le week-end, port du masque généralisé, fermeture des commerces de plus de 5 000 mètres carrés… De nouvelles mesures de restriction ont été annoncées, lundi 22 février, dans les Alpes-Maritimes, où l’épidémie de Covid-19 flambe depuis plusieurs semaines. Elles étaient attendues. En visite à Nice, samedi 20 février, le ministre de la santé, Olivier Véran, avait demandé au préfet et aux élus du département de mener une concertation pour « prendre les mesures complémentaires allant d’un couvre-feu renforcé à un confinement local le week-end pour endiguer l’épidémie ».

C’est une première sur un territoire de métropole : Nice, et les villes de l’aire urbaine littorale, qui s’étalent de Menton à Théoule-sur-Mer, vont se voir appliquer un « confinement partiel » durant les deux prochains week-ends, a annoncé le préfet, Bernard Gonzales, lors d’une conférence de presse. Sur le modèle des règles appliquées en mars, les déplacements seront interdits sauf dérogation (courses, rendez-vous chez le médecin, promenades limitées à une heure dans un rayon de 5 km du domicile…) du vendredi soir à 18 heures au lundi matin à 6 heures.

Il a été également décidé de fermer les commerces et les galeries marchandes de plus de 5 000 mètres carrés, à l’exception des commerces alimentaires et des pharmacies notamment. Ces commerces seront autorisés à maintenir une activité de « click and collect » et de livraison à domicile.

Sur l’ensemble du département, le port du masque sera rendu obligatoire « dans toutes les zones à forte fréquentation », a également annoncé le préfet, et les contrôles aux frontières vont être renforcés sur les voies routières, ferroviaires, et sur l’aérien.

La mise en place de mesures plus restrictives avait reçu le soutien du maire LR de Nice, Christian Estrosi, qui a défendu, sur Twitter, la « nécessité de mettre en place un confinement a minima le week-end », et même celle de « passer à un confinement généralisé », « si, d’ici mercredi, dans les Alpes-Maritimes, le taux d’incidence progressait encore de plus de 10 % ».

Pour le député LR Eric Ciotti, « un confinement le week-end est préférable à un confinement total, et cela peut dissuader les flux de personnes venant de l’extérieur ». L’élu plaidait pour « épargner le haut pays, où la circulation virale est moindre ». « Je n’ai jamais fait de polémique sur des mesures de protection privatives de liberté, et il faut bien voir que cette troisième vague est beaucoup plus mortelle pour notre département, nous atteindrons bientôt les 1 500 décès », ajoute-t-il.

« Dépistage massif »

Les Alpes-Maritimes figurent en tête des départements les plus touchés, avec un taux d’incidence de 588 cas pour 100 000 habitants (sur une semaine), au 22 février, d’après l’agence régionale de santé, contre 190 au niveau national, avec un taux de variant britannique supérieur à 50 %. Le taux de positivité des tests y atteint 10,4 %, contre 6 % au niveau national, au 18 février. La circulation virale est encore plus élevée dans la métropole niçoise, avec 735 cas pour 100 000 habitants, soit un chiffre supérieur aussi à la moyenne des 22 autres métropoles du pays, qui se situe à 240. La situation se dégrade à Nice depuis déjà la mi-décembre, avec un passage au-dessus de 500 cas pour 100 000 habitants dès le 9 janvier, et de 700 le 11 février.

Lors de son déplacement, samedi, à Nice, le ministre de la santé a annoncé un renforcement des contrôles de respect des consignes sanitaires et le « dépistage massif » dans les écoles à la rentrée avec des tests salivaires, ainsi que l’envoi de 3 500 doses supplémentaires du vaccin Pfizer-BioNTech. Mille doses supplémentaires ont été ajoutées pendant le week-end, a annoncé le préfet des Alpes-Maritimes lundi, tandis que des livraisons massives de vaccins AstraZeneca doivent aussi arriver dans les jours qui viennent.

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Cette décision d’un reconfinement le week-end ne fait toutefois pas l’unanimité. Pour Jean Leonetti, maire LR d’Antibes, la mesure parait « inutile sanitairement et pénalisante ». « On sait que les contaminations sont d’abord familiales et professionnelles, cela va peut-être un peu limiter les réunions familiales, mais les contaminations ont lieu surtout à l’intérieur, et on continue de faire des mesures qui empêchent la vie à l’extérieur », pointe l’élu, qui s’y opposait avec certains maires voisins, chez qui l’incidence est moindre qu’à Nice, souligne-t-il. « Ce ne sont pas deux week-ends de confinement qui vont freiner la pandémie, dit-il, c’est encore un choix intermédiaire qui va donner un résultat intermédiaire… La population en a marre du stop and go, le prochain coup, c’est quoi ? » Pour lui, la principale difficulté demeure : le manque de dotation des hôpitaux et des réanimations, et le manque de vaccins. « La seule bonne méthode aurait été un confinement strict tout en vaccinant massivement », juge-t-il.

« Cécité »

A l’hôpital, « cela fait un mois qu’on tire le signal d’alarme », souligne Sylvia Benzaken, vice-présidente de la commission médicale d’établissement du CHU de Nice, pour qui « il faut stopper la circulation du virus, sinon il va falloir déprogrammer d’autres patients, ça va être terrible ». Les établissements de santé des Alpes-Maritimes se situent déjà à un niveau de déprogrammation de 20 à 30 %, alerte-t-elle. Et 79 des 80 lits de réanimation dédiés à des patients Covid-19 étaient occupés, dimanche 21 février, ainsi qu’une trentaine de lits en soins intensifs. Avec une particularité pour ce rebond épidémique : les patients hospitalisés sont plus jeunes, rapporte-t-elle, avec un âge médian descendu à 60 ans.

« C’est comme s’il y avait une cécité, que personne ne voyait les Alpes-Maritimes depuis des semaines, la dynamique du taux d’incidence, l’augmentation permanente des patients hospitalisés depuis Noël, l’ouverture de lits supplémentaires… », dit la médecin immunologiste.

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Depuis dix jours, la tension est montée d’un cran. « Nous avons vu une accélération des contaminations et des hospitalisations, comme lors de la deuxième vague », rapporte l’infectiologue au CHU de Nice, Michel Carles, chargé de la régulation des hospitalisations Covid-19 sur le département. Sur la même période, le taux de variant britannique a explosé, passant de 20 % des tests criblés, à 80 %, selon les remontées des laboratoires, rapporte-t-il.

Plusieurs transferts de patients de réanimation ont été nécessaires (deux vers Gap, un vers Marseille). « Nous allons être amenés à effectuer d’autres transferts dans les jours qui viennent », prévoit le médecin, pour qui il apparaît urgent que « les mesures déjà prises soit appliquées réellement » sur le territoire, dit-il, citant le port du masque, la question de la faible concentration de personnes dans les magasins, le télétravail ou encore le contrôle des tests PCR à l’arrivée à l’aéroport et le suivi des périodes d’isolement.

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