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Covid-19 : quels sont les nouveaux noms des variants ?

Le siège de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) à Genève, le 8 mai 2021.

B.1.617, B.1.1.7, B.1.351… Retenir les noms scientifiques des variants du Covid-19 s’avère être un véritable casse-tête. Mais l’Organisation mondiale de la santé (OMS) va simplifier les choses en leur donnant aussi des noms de lettres grecques.

L’idée est d’avoir des noms « faciles à prononcer et à retenir », mais aussi d’éviter que le grand public et les médias utilisent des appellations « stigmatisantes et discriminatoires » faisant référence au lieu où les premiers cas de variant ont été détectés, a expliqué l’OMS dans un communiqué diffusé lundi 31 mai.

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Aux Etats-Unis, par exemple, les attaques contre les personnes d’origine asiatique se sont multipliées, Donald Trump, qui était président pendant la première année de la pandémie, ayant tout fait pour rejeter la seule faute sur la Chine, où le nouveau coronavirus a été détecté pour la première fois. Il parlait souvent du virus chinois ou de « Kung Flu » (un jeu de mots avec flu, qui signifie « grippe » en anglais). Le Congrès a même adopté une loi pour mieux combattre le phénomène, le « Covid-19 Hate Crimes Act ».

Les noms scientifiques continueront d’exister, car ils fournissent des données utiles aux experts, mais l’OMS ne les utilisera plus dans sa communication quotidienne. L’organisation encourage vivement les autorités nationales, les médias et autres à adopter les nouveaux noms.

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  • Le variant anglais baptisé « Alpha »

Le variant B.1.1.7, d’abord identifié au Royaume-Uni, est baptisé « Alpha » par l’OMS. Il est aussi connu par les scientifiques sous le nom de « VoC 202012/01 », l’abréviation de « variant of concern de décembre 2020 », car c’est à cette date que le pays réalise qu’un premier génome viral comportant près de vingt mutations est apparu et que sa progression fulgurante nécessite une surveillance particulière, d’où concern, pour « préoccupant ».

En France, le premier cas a été confirmé à Tours le 25 décembre 2020 ; il s’agissait d’un Français qui rentrait de Londres. L’arrivée du variant Alpha dans l’Hexagone s’est accompagnée d’une forte poussée épidémique, qui a débuté en janvier, a été un peu atténuée par les vacances de février ainsi que par le couvre-feu, pour reprendre en mars. Majoritaire, il représente désormais entre 70 % et 90 % des cas selon les régions, explique le conseil scientifique dans son avis daté du 6 mai.

Des études ont montré qu’il était plus transmissible et associé à des formes plus sévères que le virus historique. Selon une étude anglaise publiée dans la revue British Medical Journal (BMJ) en mars, il est 64 % plus mortel que le coronavirus classique : pour 1 000 cas détectés, il provoque 4,1 morts, contre 2,5 pour le coronavirus classique. Les vaccins restent efficaces contre lui, selon plusieurs recherches.

  • Le variant sud-africain devient « Beta »

Le B.1.351, identifié pour la première fois en Afrique du Sud à la fin de l’année 2020, est dénommé « Beta ». Aujourd’hui, il circule dans 87 pays, selon l’OMS. En France, il représente, avec le variant dit « brésilien », environ 6 % des cas au niveau national, « avec des hétérogénéités départementales », comme le souligne l’agence sanitaire Santé publique France dans son bulletin hebdomadaire du 27 mai.

Comme le variant britannique, il présente des mutations qui le rendent plus contagieux que le virus classique et plus résistants à certains vaccins. Selon Santé publique France, ce variant présente un « risque plus élevé d’échappement immunitaire et de réinfection » : « Certaines recherches indiquent un risque accru de décès à l’hôpital de l’ordre de 20 %. Ce variant aurait la capacité d’échapper à la réponse immunitaire post-infection et post-vaccinale, et pourrait par conséquent accroître le risque de réinfection. »

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  • Le variant brésilien s’appelle « Gamma »

Le variant P1, que l’OMS a baptisé « Gamma », a été détecté le 2 janvier chez un touriste japonais de retour du Brésil. Il s’est répandu à grande vitesse au Brésil et est présent dans plus de cinquante pays, selon l’OMS. En France, il est devenu majoritaire en Guyane.

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Le variant brésilien est plus contagieux, plus résistant aux vaccins et pourrait causer des cas de réinfection. Sa résistance aux vaccins est toutefois moindre que celle du variant d’Afrique du Sud. Le conseil scientifique rapporte que l’efficacité des vaccins sur le variant brésilien est « conservée mais diminuée ». Il ne reste que partiellement inhibé par des anticorps de sujets infectés par le virus d’origine.

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  • Deux noms pour le variant indien, « Delta » et « Kappa »

L’OMS a donné deux noms différents aux sous-lignées distinctes du variant B.1.617, qui est en partie lié à le regain de l’épidémie en Inde où il a été repéré pour la première fois en octobre 2020, avant de s’étendre à au moins quarante-quatre pays : B.1.617.2 devient « Delta », et B.1.617.1 « Kappa ». Il a été classé en mai par l’OMS comme « variant préoccupant », rejoignant dans cette catégorie la plus élevée les variants britannique, sud-africain et brésilien.

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Le variant indien regroupe en réalité trois sous-lignées distinctes, qui contiennent deux mutations associées à une plus grande transmissibilité du virus (L452R et D614G). Ses effets en termes de transmission et de dangerosité sont toutefois encore très mal connus. Avec l’aggravation de l’épidémie en Inde, le variant a vite été jugé responsable, mais l’OMS estime que l’accélération de la transmission du virus dans le pays est liée à « plusieurs facteurs potentiels » : un variant possiblement plus transmissible, mais aussi la tenue de « plusieurs rassemblements religieux et politiques de masse » et « un respect réduit des mesures sociales de santé publique » destinées à freiner la transmission du virus.

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Selon le Centre européen de contrôle et de prévention des maladies, « aucune information n’est disponible » sur la gravité des symptômes provoqués par le variant indien. Quant aux risques d’échappement immunitaire, il n’existe pour l’instant que des données très limitées. « Les impacts potentiels des lignées B.1.617 sur l’efficacité des vaccins ou des traitements, ou sur les risques de réinfection restent incertains », résume l’OMS, qui plaide pour de nouvelles études étayées d’urgence sur ses impacts.

Le Monde

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