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Covid-19 : payants et moins sensibles, les autotests se déploient très progressivement en France

La rectrice de l’académie d’Occitanie, Sophie Béjean, distribue des autotests Covid-19 à des enseignants, à Frontignan (Hérault), le 26 avril.

Deux semaines après le début de leur commercialisation en pharmacie, les autotests se déploient très progressivement. Le ministre de la santé, Olivier Véran, a assuré, le 22 avril, que quelque 500 000 tests avaient été distribués. Trois millions ont été livrés en pharmacie et près d’une officine sur deux en a vendu, selon la direction générale de la santé. Près de 64 millions ont d’ores et déjà été commandés par l’éducation nationale. Si le conseil scientifique évoque une « opportunité de santé publique » dans son avis du 19 avril, cet outil de dépistage du Covid-19 doit encore trouver sa place dans la stratégie française.

Il s’agit d’un test antigénique sur prélèvement nasal. Si le geste, qui consiste à enfoncer un écouvillon trois à quatre centimètres dans sa narine, nécessite les conseils d’un professionnel de santé ou au moins de consulter un tutoriel, il reste malgré tout accessible au grand public et permet de réaliser le test chez soi. Contrairement à tous les autres tests, les autotests sont payants et coûtent 6 euros l’unité (5,20 euros à partir du 15 mai). Ils sont seulement pris en charge pour les aides aux personnes âgées et handicapées, soit près de 600 000 professionnels.

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Ce choix est à l’inverse de celui fait dans la plupart des autres pays, comme le Royaume-Uni, où les autres tests sont payants, mais où chaque habitant a droit gratuitement à deux autotests par semaine. Les Suisses en reçoivent également cinq par mois, tout comme les Autrichiens. En France, si l’usage individuel est envisagé, c’est avant tout sa dimension collective qui est mise en avant par les autorités.

« Circulation silencieuse du virus »

« Il est important que les tests soient pris en charge par la collectivité lors d’opérations de dépistage », souligne Cédric Carbonneil, chef du service d’évaluation des actes professionnels de la Haute Autorité de santé (HAS). En dehors de ce cadre, on peut considérer que les autotests relèvent de la sphère privée, comme c’est le cas actuellement pour les masques. Il sera possible, par exemple, de réaliser un autotest avant un regroupement familial festif, ou avant des réunions professionnelles.

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« C’est un outil de plus dans l’arsenal, mais le risque est qu’on se repose trop sur le résultat de ce test pour s’affranchir des gestes barrières », met en garde Mylène Ogliastro, vice-présidente de la Société française de virologie. En cas de résultat positif, il faut réaliser un test PCR pour confirmer le diagnostic, identifier le variant en cause dans l’infection et mettre en route le traçage des contacts. « Un test n’a de sens que quand il est positif, rappelle Philippe Amouyel, professeur de santé publique au CHU de Lille. Cela signifie qu’on doit tout de suite s’isoler. Mais un résultat négatif ne dédouane jamais de porter un masque. »

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