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Covid-19 : les débuts chaotiques du vaccin Moderna en ville

Préparation d’une seringue pour une dose du vaccin Moderna, à Marcq-en-Barœul (Nord), le 21 mars 2021.

L’ARN messager arrive enfin en ville. Cette étape était attendue par les professionnels de santé libéraux – médecins, pharmaciens, infirmières et sages-femmes – qui vont enfin pouvoir proposer à leurs patients le vaccin contre le Covid-19 du laboratoire Moderna, accessible jusque-là uniquement dans les centres de vaccination.

Le flux de livraison de ce laboratoire est désormais entièrement redirigé vers la ville, seules les deuxièmes injections des personnes vaccinées en centre étant encore acheminées dans ces infrastructures. L’offre de la médecine de ville s’étoffe ainsi d’un troisième vaccin, en complément de ceux d’AstraZeneca et de Johnson & Johnson. Pfizer, lui, reste destiné aux centres de vaccination.

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Il s’agissait d’une revendication de longue date : accéder à l’ARN messager pour s’affranchir des vaccins à adénovirus, peu populaires et réservés aux plus de 55 ans. Pourtant, la fête est gâchée par quelques imprévus. Un camion transportant 145 000 doses, soit le tiers du volume hebdomadaire distribué sur tout le territoire, est tombé en panne le 26 mai, retardant les livraisons en officine initialement prévues du 27 au 29 mai dans plusieurs régions du sud de la France. Les professionnels ont finalement été approvisionnés en début de semaine, mais tous les rendez-vous organisés avant le mercredi 2 juin ont dû être annulés.

« Un retard inacceptable », a réagi la Fédération des syndicats pharmaceutiques de France (FSPF) dans un communiqué vendredi, enjoignant les pharmaciens à désormais « attendre de recevoir les vaccins avant de reprendre les rendez-vous », sans se fier au mail de confirmation de la direction générale de la santé.

« Parfois un camion tombe en panne »

« C’est ce qui se passe souvent dans les circuits de logistique complexes, a commenté mardi le ministère de la santé. Quand on gère la livraison toutes les semaines à près de 90 000 professionnels de santé via le système efficace et néanmoins exigeant des grossistes répartiteurs et des officines, et qu’on gère en parallèle l’approvisionnement de 1 700 centres, parfois un camion tombe en panne. » Toujours est-il que cette panne crée un léger recul dans le rythme de vaccination hebdomadaire, puisque 3,3 millions d’injections ont été réalisées la semaine dernière contre 3,6 millions la précédente.

Pour la médecine de ville, c’est la goutte de trop. « Depuis janvier, on n’a pas connu une seule semaine avec un fonctionnement fluide », soupire Philippe Besset, président de la FSPF, rappelant les retards de livraison chroniques d’AstraZeneca en début d’année. « On était très motivés, mais on voulait quelque chose de simple, regrette ce pharmacien de Limoux, dans l’Aude. On est dans un système parallèle depuis des mois, dont on n’arrive pas à sortir ».

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