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Covid-19 : Les autotests ne seront pas disponibles en pharmacie avant la mi-avril

Quand pourra-t-on enfin se tester chez soi pour savoir si on est atteint du Covid-19 ? Le directeur général de la santé, Jérôme Salomon, avait annoncé un peu rapidement, le 14 mars, que ces autotests par prélèvement nasal seraient disponibles dès la semaine suivante. Si un arrêté paru au Journal officiel du 27 mars autorise bien leur utilisation, il faudra attendre encore quelques semaines pour y avoir recours, car un déploiement dans les officines de pharmacie n’est pas envisagé avant, au mieux, la mi-avril. « Mais on ne sait pas encore qui y aura accès », nuance le ministère.

Dans un premier temps, le ministère entend privilégier des opérations de dépistage encadrées par l’Etat afin d’évaluer la praticabilité et l’efficacité de ces autotests. Parmi les publics prioritaires ciblés figurent les jeunes à partir de 15 ans, selon les recommandations de la Haute Autorité de santé (HAS) – qui a d’ores et déjà prévu de réévaluer prochainement l’opportunité d’élargir leur utilisation aux 10-15 ans – ainsi que les personnes vivant dans des territoires « éloignés du soin », comme par exemple les collectivités d’outre-mer ou encore les publics précaires.

L’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) a pour tâche de publier un cahier des charges, sur la base des recommandations de la HAS, à destination des fabricants de tests antigéniques. Ces derniers devront lui soumettre des dossiers afin d’obtenir une dérogation permettant une mise sur le marché rapide, tout en continuant en parallèle leur procédure d’obtention du marquage CE pour une autorisation durable. L’ANSM a déjà reçu entre cinq et dix dossiers, dont ceux de plusieurs fabricants français, selon le ministère de la santé.

Pas de « solution miracle »

Cette annonce est accueillie fraîchement par les pharmaciens, qui interrogent, dans un communiqué publié le 18 mars par le conseil national de l’ordre des pharmaciens : « Quel suivi de la pandémie peut-on espérer si la population est appelée à se tester elle-même, sans conseil préalable d’un professionnel dont c’est la responsabilité, sans accompagnement et sans indication de conduite à tenir en cas de résultat positif ? ». Plusieurs inquiétudes sont formulées : la difficulté du prélèvement, qui consiste à enfoncer un écouvillon dans les narines sur 4 centimètres, le risque de se sentir libre de ne pas respecter les gestes barrières en cas de résultat négatif à un instant T et l’absence de contact tracing en cas de résultat positif. « La solution miracle n’est pas au rendez-vous », ironise Gilles Bonnefond, président de l’Union des syndicats de pharmaciens d’officine (USPO). « Ces autotests ne doivent être utilisés qu’en seconde intention, si le prélèvement nasopharyngé est vraiment impossible, chez certaines personnes très âgées ou chez de très jeunes enfants », explique-t-il.

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