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Covid-19 : le rôle du variant B.1.617 dans la catastrophe sanitaire en Inde reste incertain

Un patient atteint de Covid reçoit des soins à l’hôpital de la Sainte-Famille, à Delhi, le 19 avril.

Même si le gouvernement Modi en fait un bouc émissaire pour masquer son incapacité à anticiper la deuxième vague du Covid-19, le rôle joué par le variant B.1.617 dans la catastrophe sanitaire actuelle en Inde n’est pas démontré. « Les données disponibles sont encore très limitées, son potentiel de transmission est impossible à estimer, mais il est tout à fait clair que le B.1.617 se propage plus rapidement que les autres variants préexistants », affirme ainsi l’un des généticiens travaillant pour l’Etat, Partha Majumder, membre de la chaire scientifique nationale.

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Un point de vue contesté par de nombreux épidémiologistes : si le variant indien était plus contagieux que les autres, affirment-ils, la deuxième vague de Covid-19 aurait décollé dès le mois de novembre, puisque la première identification de ce variant remonte au 5 octobre 2020, dans la ville de Nagpur.

Le généticien Rakesh Mishra, directeur du Centre de biologie moléculaire et cellulaire d’Hyderabad, est sûr de lui. « La deuxième vague n’est pas liée à l’apparition du B.1.617. Celui-ci est peut-être plus contagieux que d’autres variants, mais il l’est assurément moins que le variant anglais », explique-t-il.

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Si la prévalence du B.1.617 est estimée à 60 % dans certains districts de l’Etat du Maharashtra, elle est « minoritaire partout ailleurs en Inde ». A Delhi, la capitale, elle est « de 40 % , contre 50 % pour le variant anglais ». Dans les Etats du Sud, tels que le Kerala ou le Telangana, « elle n’est toujours que de 10 % ». Au Pendjab, c’est encore le variant anglais qui domine très largement, « avec une prévalence de 90 % ».

Non résistant aux vaccins

En revanche, la létalité du variant indien est la grande inconnue. « En ce moment, en Inde, les gens ne meurent pas du Covid, mais du manque d’oxygène dans les hôpitaux », fait remarquer le docteur Mishra, qui ne voit « rien de particulier » dans les symptômes causés par le B.1.617 : « Ils sont très similaires à ceux provoqués par les autres variants, ainsi qu’à ceux observés durant la première vague, en 2020. »

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Par ailleurs, ce variant ne résiste pas aux vaccins administrés en Inde. Le 23 avril, le laboratoire du docteur Mishra, qui fait partie des dix établissements de séquençage du génome, chargés par le gouvernement de surveiller l’évolution des variants du SARS-CoV-2, a annoncé que le vaccin AstraZeneca protégeait efficacement, d’après des résultats « préliminaires ».

Le variant n’a pas résisté, non plus, lorsqu’il a été mis en contact avec des anticorps prélevés sur des patients ayant déjà contracté le Covid-19. Des résultats équivalents ont été trouvés avec le vaccin Covaxin de la société Bharat Biotech.

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