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Covid-19 : la drôle de guerre des chercheurs contre le variant indien et ses mystères

Un panneau numérique de santé publique conseille au public de suivre les règles relatives au coronavirus alors qu’une variante préoccupante du Covid-19 touche la communauté à Bolton, dans le nord-ouest de l’Angleterre, le 28 mai 2021.

C’est une petite phrase écrite au détour du dernier rapport du conseil scientifique consacré au variant qui depuis deux mois ravage le sous-continent indien et rendu public vendredi 28 mai. Les experts français y décrivent la situation britannique, avant de passer à la France. Ils exposent la photo au 18 mai, avec 77 cas, isolés ou de petits clusters, répartis dans neuf régions. Et l’observation tombe : « Ceci rappelle la situation dans laquelle nous étions avec le variant UK [Royaume-Uni] dès fin décembre 2020. »

Après la troisième vague, nourrie par le mutant britannique et dont nous sortons à peine, la France pourrait-elle en connaître une quatrième, aussi inattendue que redoutable ? Difficile, à la lecture de ces quelques mots et du tableau actuel, de ne pas se poser la question. Car il y a des points communs entre les deux situations, tant dans ce que l’on sait de ce nouveau pathogène, que dans ce que l’on ignore, et redoute. Mais aussi – et fort heureusement – des différences, à commencer par l’état d’avancement de la campagne vaccinale.

« La progression du variant indien en France semble inexorable, estime le virologue Bruno Lina, directeur du Centre national de référence des infections respiratoires à Lyon et membre du conseil scientifique. Est-ce que la substitution entre ce mutant et le variant anglais va se faire en conservant une baisse générale des cas ? C’est ce que nous espérons tous. Mais il y a encore beaucoup d’inconnues. »

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Les scientifiques ont accumulé quelques certitudes. A commencer par la structure génétique du variant, ou plutôt des variants : trois, apparus successivement en Inde, qui partagent l’essentiel des neuf mutations sur la protéine S caractéristiques de ce qu’on appelle le « variant indien ». L’un d’entre eux, baptisé « B.1.617.2 », concentre les préoccupations. Les scientifiques se penchent particulièrement sur trois de ses mutations, nommées L452R, T478K et P681R, susceptibles de rendre le virus plus contagieux ou moins sensible aux anticorps produits par les vaccins. Voire les deux.

Les Britanniques déchantent

Partout où il est passé, ce B.1.617.2 n’a cessé de progresser. En Inde, d’abord. Longtemps invisible, il a lentement cru en mars avant d’exploser en avril, prenant largement le pas tout à la fois sur ses deux cousins mais aussi sur le variant britannique B.1.1.7, pourtant réputé particulièrement agressif. Nul doute désormais qu’il porte une responsabilité dans la catastrophe sanitaire locale, ses 28 millions de cas et ses quelque 332 000 décès.

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