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Covid-19 : en France, une galaxie hétéroclite de protestataires s’organise contre les mesures sanitaires

A Annecy, le 21 mars, lors d’une « marche des libertés » réclamant le droit de refuser les restrictions imposées en raison du Covid-19.

Des accoutrements de carnaval, des sourires aux grands vents, des farandoles chantantes : l’ambiance était à la fête, dimanche 21 mars, aux jardins de l’Europe à Annecy. Plusieurs centaines de manifestants s’étaient réunies pour une « marche des libertés » colorée, au nom du droit de refuser le masque, le confinement et les vaccins, sous l’œil médusé du reste de la population. Clou du spectacle, un concert en plein air, toutes distanciations sociales oubliées, du chanteur Francis Lalanne, déjà sur le front des « gilets jaunes ».

Cette réunion au goût de « monde d’avant » n’était pas isolée. Dans le même temps, à Marseille, 6 500 citoyens costumés descendaient sur le Vieux-Port, malgré l’annulation du carnaval. Certains ont fini au tribunal, parfois condamnés, parfois relaxés. Mêmes scènes, en plus petit comité, dans nombre de petites villes, comme aux Vans (Ardèche) ou à Saint-Antonin-Noble-Val (Tarn-et-Garonne), samedi 20 mars. Une semaine plus tôt, à Lyon, 600 « bambocheurs » rebelles, dont la députée (ex-La République en marche, LRM) du Bas-Rhin Martine Wonner et l’avocat Carlo Alberto Brusa, se déhanchaient sur les cuivres de Danser encore du groupe HK et Les Saltimbanks, l’hymne des antirestrictions.

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Ces farandoles urbaines, qui se multiplient, sont portées par une grappe de personnalités et d’associations, qui, pour la plupart, ont émergé au fil de la crise sanitaire. « C’est un rassemblement d’âmes, ça s’est fait naturellement, au fil des manifestations et des rencontres », raconte l’enseignante et « gilet jaune » suisse Chloé Frammery, l’une des figures nouvelles de cette fronde.

Leur engagement, pour la plupart, a pour point de départ la découverte, au printemps 2020, de Didier Raoult. Sur YouTube, le chercheur marseillais diffuse l’idée d’une solution toute simple, l’hydroxychloroquine, à la crise épidémique émergente. Masques, confinements, vaccins ? Balayés. M. Raoult incarne, pour ses fidèles, une voie alternative rassurante. « Didier Raoult a dit qu’on n’a pas une épidémie virale, mais une épidémie de peur, ce qui est beaucoup plus grave », se souvient avec admiration Louis Fouché, médecin réanimateur à Marseille, qui compare l’IHU à « une citadelle qui tient dans la tempête ». Qu’importe que les théories du professeur aient été invalidées par les études scientifiques.

L’alliance de cinq collectifs

L’adoption, le 23 mars 2020, d’un décret interdisant la prescription de l’hydroxychloroquine, fige alors ses soutiens dans l’incompréhension, mais pas dans l’inaction. A l’initiative du docteur Violaine Guérin, le collectif Laissons les médecins prescrire se forme.

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