Actualités

Covid-19 : au Pérou, « le virus se répand de manière incontrôlable »

Un agent de santé inocule une dose du vaccin Pfizer-BioNTech à une personne âgée, dans un centre de vaccination de Lima, le 23 avril 2021.

Début avril 2020, la nouvelle de l’existence de fosses clandestines à Iquitos (nord), principale ville d’Amazonie péruvienne, laissait éclater l’horreur de la tragédie sanitaire. Selon Associated Press, les autorités locales avaient approuvé l’enterrement massif de morts du Covid-19 dans un terrain vague, alors que les familles pensaient que les corps avaient été inhumés dans le cimetière local. Les faits remontent à presque un an, mais l’histoire, symbole d’un pays dont les services hospitaliers et funéraires sont arrivés à saturation, résonne aujourd’hui avec force, alors que le mois d’avril aura été le plus meurtrier de la deuxième vague, commencée mi-janvier.

Selon les chiffres officiels du ministère de la santé, le Pérou enregistre une moyenne de plus de 300 morts par jour, pour une population de 33 millions d’habitants. Au total, on y dénombre plus de 60 000 décès depuis le début de la pandémie. Chiffre qui pourrait en réalité s’approcher du triple, soit 164 600 morts, selon le registre national des décès, le Sinadef, qui compile également les morts « suspectes » et « compatibles » avec le Covid-19. Le Pérou serait ainsi le pays à la surmortalité la plus élevée au monde, par rapport à sa population.

Des chiffres « effroyables », selon les mots du directeur du Collège médical, Miguel Palacios. « Le virus se répand de manière incontrôlable », alors que les Péruviens sont en pleine campagne électorale pour le second tour des élections générales le 6 juin.

Près de 1,8 million de personnes ont été contaminées. Le manque de lits en unités de soins intensifs et la grave pénurie d’oxygène expliquent en partie cette situation sanitaire dramatique. Miguel Palacios rappelle que le personnel médical, « durement frappé », s’épuise. Plus de 430 médecins sont morts depuis le début de l’épidémie ; « on manque de ressources humaines », déplore-t-il. Selon l’Institut national de santé, le variant brésilien serait responsable de 40 % des nouvelles contaminations à Lima, la capitale.

Des contrôles nécessaires

Les malades, que les hôpitaux n’ont plus la capacité de prendre en charge, sont contraints de s’automédiquer chez eux. Ces derniers mois, le Pérou a vu, comme en 2020, d’énormes files d’attente se former devant des fournisseurs d’oxygène, formées par des proches de patients désespérés, en quête du précieux gaz. La demande a augmenté de 300 % durant la deuxième vague, et les autorités estiment qu’il en manque 100 tonnes par jour pour couvrir les besoins. Le Chili doit alléger la pénurie, en envoyant au Pérou 40 tonnes d’oxygène par semaine, acheminées grâce à des camions-citernes jusqu’à la fin août, mais cela restera insuffisant.

Il vous reste 47.65% de cet article à lire. La suite est réservée aux abonnés.

Click to comment

You must be logged in to post a comment Login

Leave a Reply

Most Popular

Retrouvez toute l'actualité française et internationale sur France Actus.

© 2020 FRANCE ACTUS - TOUS DROITS RÉSERVÉS

To Top