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Covid-19 : à l’approche du déconfinement, les indicateurs épidémiologiques toujours dans le rouge

Dans l’unité de soins intensifs de l’hôpital de Valenciennes, le 22 avril 2021, où sont traités des patients souffrant du Covid-19.

Le plan de déconfinement annoncé jeudi 29 avril par le président de la République est à l’image de la situation épidémique : très incertain. Dans un entretien accordé à plusieurs titres de la presse quotidienne régionale, Emmanuel Macron s’est engagé à autoriser dès le 19 mai la réouverture des terrasses de café, les musées et les salles de spectacle, tout en décalant le couvre-feu à 21 heures. Mais la levée des restrictions pourra être retardée en cas de « situation sanitaire départementale dégradée », a-t-il mis en garde.

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Près d’un mois après le début du troisième confinement, les indicateurs épidémiologiques sont pourtant encore tous dans le rouge. Au niveau national, le taux d’incidence du Covid-19 dépasse les 300 cas par semaine pour 100 000 habitants, bien au-delà du seuil d’alerte, à 50 cas pour 100 000, et du point bas atteint après le deuxième confinement, à 100 cas pour 100 000. A deux semaines du début du déconfinement, près de 6 000 personnes sont toujours hospitalisées en réanimation, et Santé publique France a comptabilisé la semaine dernière en moyenne 30 000 nouvelles contaminations par jour.

Lors de son adresse au Français le 24 novembre 2020, le président de la République s’était fixé comme objectif d’atteindre 5 000 contaminations par jour et environ 2 500 à 3 000 personnes en réanimation pour sortir du deuxième confinement mi-décembre. Le premier objectif n’a jamais été atteint, et les mesures de freinage ont été levées alors qu’on comptabilisait encore près de 20 000 cas par jour. Le 11 mai, à l’issue du premier confinement, les scientifiques estiment qu’il y avait entre 1 000 et 2 000 contaminations quotidiennes, et dès le 18 mai 2020, le nombre de patients en réanimation était passé sous le seuil de 2 000.

Des portes de sorties

« Même si le confinement était prolongé, cet objectif ne serait pas atteint avant le début du mois de juillet, et mi-juin 3 000 patients seraient encore hospitalisés en soins critiques », estime Mircea Sofonea, épidémiologiste à l’université de Montpellier. Le calendrier version 2021 n’a donc rien à voir avec celui de 2020. « Ces niveaux d’incidence et d’occupation hospitalière n’auraient jamais donné lieu à un tel optimisme dans le calendrier », poursuit le chercheur, en rappelant que les mesures sont levées bien plus rapidement que l’an passé.

Les restrictions de déplacements prendront fin dès le 3 mai, alors qu’il y a un an, la limite était de 100 kilomètres autour du domicile. Et les élèves de primaires sont retournés en cours dès le 26 avril alors qu’il avait fallu, en 2020, attendre le 22 juin pour que les écoles accueillent de nouveau tous les élèves. « La décrue va être bien plus lente dans les services sous tension, ce qui retarde aussi la prise en charge des autres pathologies », regrette le scientifique, selon qui nous sommes « dans une forme d’impasse ».

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