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Coulisses d’un changement de direction au Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet

Le Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, l’une des plus belles salles de théâtre à l’italienne de Paris.

Pendant le couvre-feu, les affaires continuent : le Théâtre de l’Athénée-Louis Jouvet, dans le 9e arrondissement de Paris, est en train de changer de main. Son directeur, Patrice Martinet, s’apprête à le céder à Olivier Poubelle et Olivier Mantei, les directeurs du Théâtre des Bouffes du Nord. La vente devrait être effective au printemps. Elle porte sur le bail, les murs appartiennent à Groupama, qui en reste propriétaire. A cela il n’y a rien d’extraordinaire : la plupart des salles privées vivent sous ce régime. L’Athénée se distingue par son statut hybride. Comme les Bouffes du Nord et la Bastille, c’est un théâtre privé avec une mission de service public. En clair, il est régi par une Société à responsabilité limitée (SARL), et subventionné par l’Etat. En 1993, le ministère de la culture a nommé Patrice Martinet à sa tête. Et Patrice Martinet s’en va vingt-sept ans plus tard, en vendant le bail.

En 1982, un an après l’élection de François Mitterrand, Pierre Bergé cède le théâtre à l’Etat, pour un franc symbolique

Pour comprendre ce qui s’est passé, il faut remonter au début des années 1980. Pierre Bergé, l’homme d’affaires d’Yves Saint-Laurent, est à la tête de l’Athénée qu’il a acquis en 1977. Inaugurée en 1896, auréolée de la gloire de Louis Jouvet qui l’a dirigée de 1934 à sa mort, en 1951, c’est une des plus belles salles de théâtre à l’italienne de Paris. Pierre Bergé [actionnaire du Monde jusqu’à son décès en 2017] lui fait adjoindre une délicieuse salle de poche, sous les combles. Pendant les quatre ans où il dirige l’Athénée, il met l’accent sur les sélects « Lundis musicaux », très courus, et de haute qualité.

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En 1982, un an après l’élection de François Mitterrand, Pierre Bergé cède le théâtre à l’Etat, pour un franc symbolique. C’est un beau cadeau, mais qu’en faire ? Jack Lang, ministre de la culture, et Robert Abirached, son directeur du théâtre, demandent à Josyane Horville d’élaborer un projet. Forte d’un parcours qui l’a menée du Théâtre de la Commune d’Aubervilliers au centre Georges Pompidou, Josyane Horville propose de mettre l’Athénée au service des jeunes compagnies sans lieu fixe qui se sont multipliées et ont essaimé partout en France, mais peinent à se faire connaître. Le ministère approuve des deux mains et nomme Josyane Horville à l’Athénée.

« Lundis musicaux »

Reste à régler une question. D’ordinaire, l’Etat gère des théâtres qu’il possède, ou que des municipalités possèdent. Mais il ne possède pas les murs de l’Athénée, pour lequel il lui faut « inventer » une identité juridique. A la demande du ministère, Josyane Horville crée une SARL, dont elle est la gérante. « J’achète la moitié des parts, à hauteur de 25 000 francs », se souvient-elle. L’autre moitié est détenue par une association, Théâtre en mouvement, dont le président est un représentant du ministère.

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