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Contre Israël, de nouvelles plaintes à la Cour pénale internationale

Photo prise par drone le 22 mai 2021 de l’immeuble qui abritait les bureaux de l’agence Associated Press et de la chaîne Al-Jazira, détruit par un tir israélien le 15 mai.

Une littérature aride et glaciale s’empile sur le bureau de la procureure de la Cour pénale internationale (CPI). Depuis les tentatives d’expulsions de Cheikh Jarrah, à Jérusalem-Est, et les onze jours de guerre à Gaza, des plaintes viennent nourrir l’enquête ouverte le 3 mars par la procureure Fatou Bensouda, dont celle déposée par Jawad Mahdi, le propriétaire de l’immeuble abritant les bureaux d’Associated Press et de la chaîne Al-Jazira, détruit par un tir de précision israélien le 15 mai.

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« Depuis le 10 mai 2021, ce territoire désormais protégé par la CPI qu’est la Palestine est l’objet d’opérations militaires », écrit son avocat, Gilles Devers, en décrivant un combat disproportionné. C’est un crime de guerre « revendiqué par les plus hautes autorités politiques et militaires [israéliennes] », estime l’avocat lyonnais, auteur de plusieurs plaintes déposées à La Haye au cours des dernières années, au nom de plus de 1 600 habitants de Gaza. Reporters sans frontières a aussi signalé à la procureure l’attaque contre 23 médias locaux et internationaux, l’invitant à rapprocher ces faits de ceux de 2018 et « le ciblage intentionnel (…) de plusieurs dizaines de journalistes palestiniens couvrant les manifestations » dites de la Marche du retour, au cours de laquelle 195 Palestiniens, dont 41 enfants, avaient péri, selon un rapport des Nations unies.

Crimes « de persécution et d’apartheid »

Après les violences qui ont opposé Juifs et Arabes dans plusieurs villes dites « mixtes » d’Israël, les menaces d’expulsion de Jérusalem-Est et le conflit qui a opposé son armée au Hamas, le premier ministre, Benyamin Nétanyahou, ne peut, désormais, ignorer totalement le front judiciaire. Contrairement à 2008, 2009 et 2014 à Gaza, les derniers affrontements se sont déroulés alors qu’une enquête de la CPI sur les crimes commis dans les territoires occupés est formellement ouverte. Et si elle n’a rien empêché ni dissuadé, elle inquiète bel et bien Tel-Aviv.

Si l’enquête en cours sur les crimes commis dans les territoires occupés n’a rien empêché, elle inquiète Tel-Aviv

En visite le 13 mai à Lod, épicentre des dernières émeutes entre Juifs et Arabes, Benyamin Nétanyahou avait tenté de rassurer ses soldats. « Nous entendons des murmures d’inquiétude sur les commissions d’enquête, les investigations et les contrôles, avait-il déclaré. Nous vous donnerons tous les outils nécessaires pour vous défendre, défendre les citoyens d’Israël et prévenir les troubles. Vous avez notre soutien, ne vous inquiétez pas. »

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